
Ce n’est pas le moindre des paradoxes de la guerre en Ukraine. Alors que le pays subit un choc militaire et des violations du droit international d’une ampleur vertigineuse, la situation humanitaire demeure maîtrisée par le gouvernement de Kiev et les organisations internationales. De mémoire d’humanitaire, jamais un pays plongé dans une telle tourmente n’avait autant pris soin des civils que l’Ukraine, ces quatre dernières années.
Si l’agression de la Russie ne vise à l’évidence pas que les forces armées, mais aussi la population, les habitations et les infrastructures civiles, le pays fait face, tant bien que mal. De même que, durant les premières semaines de l’invasion russe, l’Ukraine avait connu un exode de six millions de personnes sans un seul mort sur les routes, elle vit actuellement son hiver le plus rude sans avoir identifié un seul décès directement dû à l’absence d’eau, d’électricité ou de chauffage.
D’un point de vue matériel, les dégâts sont colossaux. « Le dommage direct de la guerre pour l’Ukraine a atteint 195 milliards de dollars [166 milliards d’euros] », mentionne un rapport, publié, lundi 23 février, par la Banque mondiale, l’ONU, l’Union européenne et le gouvernement de Kiev, relatif à la période allant du 24 février 2022, jour de l’invasion russe, au 31 décembre 2025. « Le coût de la reconstruction, y lit-on encore, est estimé à 588 milliards de dollars pendant la prochaine décennie. »
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