
Soudain le bruit des pales qui fendent le ciel. Là-haut, l’hélicoptère blanc et rouge qui transporte le pape Léon XIV apparaît au-dessus du lac d’Iznik, à 90 kilomètres d’Istanbul. Quelques minutes plus tard, retentissent les appels des muezzins des mosquées de cette ville moderne de Turquie, édifiée à l’emplacement de la cité antique de Nicée. C’est ici que l’empereur romain Constantin a réuni, il y a mille sept cents ans, les patriarches chrétiens en concile pour définir le fondement des croyances des adeptes de cette religion née moins de trois cents ans plus tôt : le credo.
Aujourd’hui, dans un pays où les croyants sont très majoritairement musulmans, Nicée demeure un symbole majeur pour les chrétiens. En 2014, un survol de ce lac artificiel a permis de redécouvrir les restes d’une basilique immergée, construite au Ve siècle en l’honneur du concile. C’est au plus près de ces vestiges, dont quelques pierres émergées s’aperçoivent, que le chef de l’Eglise catholique, répondant à l’invitation du patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholomée, est venu célébrer l’anniversaire du concile de Nicée, vendredi 28 novembre. Cet événement est au cœur de la première étape du voyage de Léon XIV, qui le conduira ensuite au Liban à partir de dimanche.
Entourés de représentants des Eglises nées dès les premiers siècles du christianisme – celle de Rome et celles, orthodoxes, d’Antioche, de Jérusalem, d’Alexandrie et de Constantinople –, mais aussi de protestants de différentes confessions, les deux religieux ont tenté de recréer l’esprit d’unité et de dialogue du concile avec une prière œcuménique.
Impressionnant dispositif de sécurité
Après une longue procession sur un ponton construit pour l’occasion sur les bords du lacs d’Iznik au plus près des vestiges de la basilique, Léon XIV et Bartholomée se sont avancés et ont allumé une bougie devant deux tableaux, l’un représentant les pères du concile, l’autre le Christ. Après avoir écouté les mots de bienvenue du patriarche de Constantinople, Léon XIV a prononcé son discours en anglais, comme la veille à Ankara, sous le soleil déclinant de cette après-midi d’automne.
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