En Israël, polémique après la libération du directeur de l’hôpital Al-Shifa

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Muhammad Abu Salmiya, le directeur du principal hôpital de Gaza, au centre, avec sa famille, après sa libération, dans la bande de Gaza, le 1er juillet 2024.

Sur les vidéos publiées lundi 1er juillet sur les réseaux sociaux, le directeur de l’hôpital Al-Shifa de Gaza, Muhammad Abu Salmiya, libéré par Israël après plus de sept mois de détention, paraît aminci et affaibli. Ce médecin palestinien dit avoir subi « de graves tortures » pendant son emprisonnement en Israël. Il avait été arrêté fin novembre 2023 et l’armée israélienne avait affirmé que sous sa direction, l’hôpital avait été le « théâtre de nombreuses activités terroristes du Hamas », ce qu’il avait toujours nié. Il n’a jamais été jugé, ni condamné.

Sa libération, intervenant en même temps que celle de dizaines d’autres prisonniers palestiniens, a provoqué la colère de nombreux responsables politiques israéliens. La libération de M. Abou Salmiya a eu lieu sans en informer « l’échelon politique », a dénoncé le premier ministre Benyamin Netanyahou qui l’a qualifiée de « grave erreur ». « La place de cet homme, sous la responsabilité duquel nos otages ont été tués et retenus, est en prison », a-t-il dit.

En Israël, l’armée, l’administration pénitentiaire et le service chargé du renseignement intérieur – le Shin Beth – se rejettent la responsabilité de cette décision, qui, semble-t-il, aurait été prise, entre autres, pour libérer de l’espace dans des centres de détention surpeuplés. Muhammad Abu Salmiya et les autres prisonniers libérés ont été transférés vers des centres médicaux de Gaza, notamment à Khan Younès, dans le sud.

« Israël arrête tout le monde, y compris les équipes médicales », a déclaré Muhammad Abu Salmiya lors d’une conférence de presse à Gaza, peu après sa libération. « Il y a des prisonniers qui sont morts de tortures, des médecins et des membres du personnel médical qui sont toujours détenus et qui ont besoin de soins. De nombreux prisonniers sont morts dans les centres d’interrogatoire, privés de nourriture et de médicaments », a-t-il ajouté.

En Israël, ces libérations ont suscité un tollé. Le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a déclaré qu’elles constituaient une « négligence en matière de sécurité », imputant la responsabilité au ministère de la défense. Le chef de file de l’opposition, Yaïr Lapid, a qualifié la libération de Muhammad Abu Salmiya d’« un autre signe de l’anarchie et du dysfonctionnement » du gouvernement. Le ministre chargé des relations avec la diaspora juive, Amichai Chikli, a de son côté exigé « une explication sur la raison pour laquelle cet homme a été libéré », affirmant que l’hôpital Al-Shifa « a été le siège du Hamas et l’endroit où nos otages ont été assassinés ».

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