En Chine, deux ministres de la défense jugés pour corruption

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Le président chinois, Xi Jinping, et sa femme, Peng Liyuan, lors de la cérémonie d’accueil du président polonais Andrzej Duda au Grand Hall du peuple à Pékin, le 24 juin 2024.

La Chine jugera non pas un mais deux de ses ministres de la défense, signe de purges sans fin au sein de la hiérarchie de l’Armée populaire de libération (APL). La télévision d’Etat a annoncé, jeudi 27 juin au soir à l’issue d’une réunion des vingt-quatre membres du Politburo, l’exclusion du Parti communiste de Li Shangfu, ministre durant seulement sept mois entre mars et octobre 2023 mais aussi de son prédécesseur de 2018 à 2023, le général Wei Fenghe.

Li Shangfu est accusé d’avoir « accepté des montants colossaux d’argent et de biens » en retour de faveurs notamment dans les nominations mais aussi d’avoir « gravement contaminé l’environnement politique du secteur de l’équipement militaire et l’éthique des industries en question ». Il sera renvoyé en procès et donc, comme dans tous les cas précédents, condamné à une lourde peine.

Cet ingénieur aérospatial de formation avait travaillé au service des équipements de l’armée, souvent vu comme un lieu de corruption, après plusieurs décennies au Sichuan sur l’une des principales bases de lancement de fusées chinoise. Il avait été nommé vice-commandant de la Force de soutien stratégique, une unité de l’armée qui avait la haute main sur les armes de l’espace et la cyberguerre que M. Xi a créée en 2015 avant de la dissoudre en avril 2024.

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Quant à Wei Fenghe, il a dirigé rien de moins que la force chargée des missiles, y compris de l’arme nucléaire, de l’Armée populaire de libération. Il est lui aussi accusé de corruption mais également d’avoir « perdu foi et loyauté » et causé « un tort immense » à la cause du Parti et au développement militaire.

Réinjecter une dose d’idéologie

Leurs déboires soulignent l’inquiétude persistante du président chinois, Xi Jinping, après pourtant douze années au pouvoir et d’autres campagnes anticorruption, vis-à-vis de l’étendue de la prévarication. Alors que l’armée chinoise est lancée dans une modernisation dans tous les domaines, qui amène une hausse constante de ses dépenses, Xi craint que la corruption ne ronge ses progrès. L’APL a entamé en mai les essais en mer de son troisième porte-avions, le Fujian, dispose désormais de la plus grosse flotte en tonnage, a produit un chasseur furtif et est en pointe dans la course aux missiles hypersoniques.

Au cours des derniers jours de l’année 2023, le parti unique avait déjà annoncé le départ de neuf généraux, la plupart issus de la Force des missiles, et de trois dirigeants d’entreprises du secteur. A la mi-juin s’est tenue à Yan’an (centre), où le Parti communiste avait pris ses quartiers à l’issue de la Longue Marche (1935), une « conférence de travail politique » de la Commission militaire centrale comme il n’y en avait pas eu depuis une décennie.

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