En Afrique du Sud, l’ANC confronté à son score historiquement bas

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Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, à Johannesburg, le 25 mai 2024.

La vie politique sud-africaine vient d’entrer dans une nouvelle ère. Les résultats des élections générales du 29 mai, connus à plus de 99,9 % et qui doivent être proclamés officiellement dimanche à 18 heures, entérinent la fin de la domination du Congrès national africain (ANC). Pour la première fois depuis la fin de l’apartheid, le parti de libération de l’Afrique du Sud devra former une coalition à l’Assemblée nationale pour conserver le pouvoir. Un exercice inédit qui place la démocratie sud-africaine sur une corde raide, alors que l’on observe une montée des populismes dans le pays.

D’ici l’élection du président par l’Assemblée nationale, qui doit avoir lieu dans quatorze jours, l’ANC devra rapidement panser ses plaies. Car si son déclin dans les urnes était attendu, peu de gens avaient anticipé une dégringolade aussi dure. Plombé par le chômage massif, la criminalité élevée ou encore la déliquescence des infrastructures caractérisée par les coupures de courant qui empoisonnent la vie du pays depuis deux ans, l’ANC rassemble à peine 40,2 % des voix, soit dix-sept points de moins qu’en 2019, quand il emportait l’élection avec 57,5 % des suffrages.

La formation reste le premier parti du pays, loin devant son principal concurrent, l’Alliance démocratique (DA), qui rassemble 21,7 % des voix. Mais rarement on aura vu vainqueur à la mine aussi sombre. Alors que les dirigeants de tous les partis ont fait une apparition au centre national des résultats à Johannesburg, le président Cyril Ramaphosa était toujours invisible, dimanche après-midi. Mais dès jeudi, le numéro deux du parti, Gwede Mantashe, apparaissait sonné.

« Résultat sensationnel » du parti de Jacob Zuma

Car il est vite devenu clair que cette élection révélait une poussée inattendue du parti de l’ancien président Jacob Zuma, uMkhonto we Sizwe (MK, (« le fer lance de la nation »). Accusé de corruption et poussé à la démission de la tête de l’Etat par ses camarades de l’ANC sur fonds de multiples scandales en 2018, Jacob Zuma, 82 ans, s’est lancé dans la course électorale à la surprise générale, en décembre 2023, en jurant prendre sa revanche sur « l’ANC de Ramaphosa », son successeur à la tête du parti à qui il voue une haine viscérale.

C’est chose faite. Si l’ancien dirigeant a été interdit d’être candidat à un poste de député en raison d’une condamnation pour outrage à magistrat, son parti devient la troisième force politique du pays avec 14,5 % des voix. Dans son fief, la province clef du Kwazulu-Natal, le MK se place même en première position avec 45 % des suffrages, reléguant l’ANC à la troisième place. Impensable il y a quelques mois.

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