
Donald Trump a déclaré, jeudi 19 février, se donner « dix » à « quinze jours » pour décider si un accord avec l’Iran est possible, ou s’il recourt au contraire à la force contre Téhéran. « Nous devrons peut-être aller plus loin, ou peut-être pas. Nous allons peut-être conclure un accord. Vous le saurez probablement dans les dix prochains jours », a déclaré le président américain dans un discours à Washington devant le Conseil de la paix, qui tenait sa première réunion.
Il a ensuite évoqué un délai de « dix, quinze jours » maximum, pendant un échange avec des reporters dans l’avion l’emmenant en Géorgie (Sud-Est) pour un déplacement consacré à l’économie.
Washington et Téhéran, qui ont renoué le dialogue début février pour la première fois depuis la guerre de douze jours en juin 2025, ont tenu deux sessions de pourparlers pour tenter de régler leur différend. Cependant, les deux pays ennemis continuent à échanger des menaces sur fond d’escalade militaire : les Etats-Unis ont intensifié leur déploiement dans le Golfe et l’Iran mène des exercices en mer d’Oman avec la Russie.
« Il est évident depuis des années qu’il n’est pas facile de conclure un accord pertinent avec l’Iran. Nous devons conclure un accord pertinent sinon de mauvaises choses vont arriver », a déclaré Donald Trump depuis Washington. « Nous devrons peut-être aller plus loin, ou peut-être pas, nous allons peut-être conclure un accord. Vous le saurez probablement dans les dix prochains jours », a-t-il ajouté.
La veille, les Etats-Unis avaient déjà averti l’Iran qu’il serait « bien avisé » de conclure un accord. « Il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran », avait estimé la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
Israël, allié des Etats-Unis et ennemi juré de la République islamique, a lui aussi lancé une nouvelle mise en garde : « Si les ayatollahs commettent l’erreur de nous attaquer, ils feront face à une riposte qu’ils ne peuvent même pas imaginer », a averti le premier ministre, Benyamin Nétanyahou.
Au cœur du différend entre Washington et Téhéran, le programme nucléaire iranien. Sous pression, l’Iran a de nouveau défendu jeudi « son droit » à l’enrichissement d’uranium à des fins civiles, en particulier pour l’énergie. « Aucun pays ne peut priver l’Iran du droit de bénéficier pacifiquement de cette technologie », a réaffirmé le chef de l’Organisation de l’énergie atomique de l’Iran, Mohammad Eslami. L’Iran avait dit mercredi « élaborer un cadre » pour faire avancer ses tractations avec Washington, qui ont repris le 6 février via une médiation omanaise.
Menaces d’attaques
Si les deux parties affichent leur volonté de poursuivre le dialogue, elles divergent sur la teneur des discussions. L’Iran, qui dément chercher à se doter de la bombe atomique comme l’en accusent les pays occidentaux et Israël, veut limiter les pourparlers à son programme nucléaire et exige la levée des sanctions qui étranglent son économie. Pour Washington, un accord doit inclure le programme de missiles balistiques de l’Iran et son soutien dans la région aux groupes armés hostiles à Israël.
Donald Trump a multiplié ces dernières semaines les menaces d’attaques, d’abord en réaction à la répression meurtrière, début janvier, par le pouvoir iranien d’une vague de contestation, puis pour arracher un accord.
Les chaînes CNN et CBS ont rapporté que l’armée américaine était prête à mener des frappes sur l’Iran dès ce week-end, même si le président américain n’a, selon eux, pas encore tranché. Selon The Wall Street Journal, qui cite des responsables américains anonymes, Donald Trump a été informé d’une option visant à « tuer nombre de dirigeants politiques et militaires iraniens, afin de renverser le gouvernement ».
Washington a dépêché deux porte-avions dans le Golfe et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases de la région, qui sont, pour certaines, potentiellement vulnérables en cas de contre-attaque iranienne.
Face à cette « escalade des tensions sans précédent », la Russie a exhorté les parties à la « retenue ». La France a également appelé Washington et Téhéran à privilégier la négociation, affirmant que la voie diplomatique était « la seule capable d’empêcher durablement l’Iran d’accéder à une arme nucléaire ».
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, s’est entretenu mercredi avec Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, chargée de vérifier le caractère pacifique des activités nucléaires du pays.
L’Iran avait suspendu sa coopération avec l’instance onusienne et restreint l’accès de ses inspecteurs aux installations touchées après la guerre déclenchée par Israël l’an dernier, durant laquelle les Etats-Unis avaient bombardé des sites nucléaires iraniens. « Nous ne voulons pas la guerre (…), mais s’ils veulent essayer de nous imposer leur volonté (…), devrions-nous l’accepter ? », a lancé le président iranien, Massoud Pezeshkian.




















