
Des malades et des blessés palestiniens ont commencé, lundi 2 janvier, à quitter la bande de Gaza pour l’Egypte, au premier jour de la réouverture au compte-gouttes du passage de Rafah, fermé en mai 2024 par l’armée israélienne. Lundi, environ 150 personnes devaient quitter le territoire dévasté par deux ans de guerre, selon des responsables égyptiens. Rafah est le seul checkpoint de la bande de Gaza non frontalier d’Israël.
Les patients ont traversé la frontière à bord de trois ambulances, et ont été « immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés », a déclaré à l’Agence France-Presse lundi un responsable du ministère de la santé égyptien.
Cette réouverture limitée a lieu au surlendemain de frappes israéliennes sur le territoire palestinien qui ont fait des dizaines de morts, selon la défense civile, l’armée israélienne affirmant riposter à la sortie de combattants palestiniens d’un tunnel dans la zone qu’elle contrôle à Rafah.
Cette étape marque « le début d’un long processus visant (…) à ouvrir une véritable fenêtre d’espoir pour notre peuple dans la bande de Gaza », a déclaré Ali Chaath, le chef du Comité national palestinien pour l’administration de la bande de Gaza (NCAG), formé selon le plan de Donald Trump pour y ramener la paix.
Selon Khaled Mogawer, gouverneur du Nord-Sinaï – qui comprend le côté égyptien de Rafah –, 50 patients palestiniens et 84 accompagnants devaient entrer en Egypte lundi. La chaîne de télévision israélienne Kan a rapporté que le passage serait ouvert environ six heures par jour, tandis que côté égyptien il doit rester ouvert « vingt-quatre heures sur vingt-quatre », selon la chaîne de télévision égyptienne liée à l’Etat Al-Qahera News.
L’armée israélienne avait pris le contrôle en mai 2024 du côté palestinien du poste-frontière, resté fermé depuis lors à l’exception d’une brève réouverture au début de 2025.
« 20 000 patients » ont « un besoin urgent de soins »
L’émissaire américain Steve Witkoff, parmi les médiateurs dans le conflit à Gaza, doit s’entretenir mardi avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a annoncé lundi un responsable israélien. La réouverture totale du point de contrôle de Rafah, après le retour en Israël de la totalité des otages de Gaza, est prévue par le plan du président américain visant à mettre fin définitivement à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque du Hamas sur le sol israélien.
Les autorités israéliennes conditionnent pour l’heure tout passage à l’obtention d’« une autorisation sécuritaire préalable » pour sortir de Gaza et y entrer, en coordination avec l’Egypte et sous la supervision de la mission européenne à Rafah. Malgré les appels pressants de l’ONU et des organisations humanitaires, le passage reste fermé pour l’heure à l’entrée de l’aide dans le territoire dévasté par la guerre ayant fait des dizaines de milliers de morts.
« La réouverture partielle (…) est bienvenue, mais ce n’est pas suffisant, cela doit fonctionner comme un véritable corridor humanitaire pour que nous puissions acheminer rapidement une aide vitale », a réagi Tom Fletcher, le chef des opérations humanitaires de l’ONU. L’aide internationale venant d’Egypte transite jusqu’à présent par le poste-frontière israélien de Kerem Shalom, à quelques kilomètres de Rafah.
Selon Al-Qahera News, 150 hôpitaux et 300 ambulances ont été mobilisés en Egypte, de même que 12 000 médecins et 30 équipes d’urgence pour accueillir les patients de Gaza. Muhammad Abu Salmiya, directeur du principal hôpital du territoire, Al-Shifa, recense « 20 000 patients, dont 4 500 enfants », ayant « un besoin urgent de soins ».
La réouverture de la frontière devrait aussi permettre l’entrée à Gaza, à une date encore inconnue, des 15 membres du NCAG chargés de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l’autorité du Conseil de la paix, présidé par Donald Trump.



















