
Mieux vaut ne pas trop poser de questions, dans le comté de Brantley, à l’extrême sud-est de l’Etat de la Géorgie. En cette fin février, dans la rue principale de Nahunta, la plus grande ville de la région, une habitante photographie les plaques d’immatriculation des voitures qu’elle ne connaît pas. Au Gold House, une institution locale connue pour son buffet de crevettes frites, personne ne souhaite commenter la première année du second mandat de Donald Trump ou les élections de mi-mandat prévues pour novembre. « Il ne faut pas déranger les clients avec des demandes politiques », insiste la serveuse de l’établissement, qui souhaite une journée « bénie » à tous ses habitués.
Pourtant, les références au président républicain inondent ce territoire marécageux aux 19 000 habitants. Entre les très nombreuses églises et des champs de myrtilles qui emploient surtout des travailleurs immigrés, plusieurs panneaux légèrement décolorés par le temps annoncent encore : « God, Guns & Country, Trump 2024 » (soit « Dieu, des armes et un pays, Trump 2024 »), en référence à la dernière campagne électorale. En plein centre-ville, à l’intérieur de sa boutique déserte, une commerçante, qui refuse de donner son nom, propose, elle, des vêtements pour enfants à côté d’une série de pin’s déclarant fièrement : « En 2024, j’ai voté pour un criminel. » Avec 91 % d’électeurs en faveur du candidat MAGA (Make Amarica Great Again) pour la dernière élection, le comté de Brantley, parmi les territoires les plus républicains de tout le pays, est aujourd’hui le plus trumpiste de Géorgie.
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