« Comment la génétique réécrit l’histoire du Moyen Age », de Patrick J. Geary : dans le melting-pot médiéval

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Prélèvement d’ADN sur un crâne issu d’une sépulture médiévale, en 2005.

« Comment la génétique réécrit l’histoire du Moyen Age », de Patrick J. Geary, CNRS Editions, 176 p., 23 €, numérique 17 €.

Face à la perte d’une partie considérable des écrits produits au haut Moyen Age (Ve-Xe siècle), période centrale qui vit la lente émergence d’un monde nouveau sur les cendres de l’Empire romain, que peut l’analyse de l’ADN ? Voici la question à laquelle tente de répondre le médiéviste américain Patrick J. Geary, éminent spécialiste francophone de la période, avec plus de prudence que ne le laisse présumer le titre de son ouvrage, Comment la génétique réécrit l’histoire du Moyen Age.

La suspicion des historiens à l’égard des analyses génétiques est, rappelle-t-il, légitime. Au nom d’une prétendue supériorité aryenne, les idéologues nazis ne firent-ils pas leur miel des recherches menées, au début du XXe siècle, pour reconstituer l’irruption de peuples dits « germaniques » en Europe occidentale ? A l’heure où la théorie complotiste du « grand remplacement » s’est insidieusement imposée au cœur des débats politiques, le risque d’instrumentalisation d’une approche génétique des populations du passé est bien réel.

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