Bill et Hillary Clinton devant une commission parlementaire pour s’expliquer sur leurs liens avec le criminel sexuel

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Hillary Clinton à Berlin, le 16 février 2026.

L’ancienne cheffe de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, témoigne, jeudi 26 février, à huis clos devant une commission d’enquête du Congrès américain sur les liens passés entre son mari, l’ex-président Bill Clinton, et le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

La déposition de l’ancienne première dame des Etats-Unis se tiendra à Chappaqua, petite ville au nord de New York où les époux Clinton possèdent une maison. Une petite salle de spectacle y a été réquisitionnée pour l’occasion. Une grande tente blanche a été dressée près d’une entrée pour permettre au couple de sortir de leur voiture à l’abri des regards de la presse. La déposition de son mari est prévue vendredi au même endroit.

Le témoignage des époux Clinton clôt des mois de bataille avec le chef républicain de la commission d’enquête de la Chambre des représentants, James Comer. Initialement convoqués en octobre, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de se présenter, dénonçant une tentative des républicains de détourner l’attention de la proximité passée entre Jeffrey Epstein et le président des Etats-Unis, Donald Trump.

Menacé par la commission de poursuites pour entrave au Congrès, le couple a finalement annoncé fin janvier accepter d’être entendu. Tous deux ont exigé en vain des auditions publiques, disant vouloir éviter une instrumentalisation de leurs propos par les républicains.

Son mari photographié en compagnie de Jeffrey Epstein

« Nous n’avons rien à cacher », avait par ailleurs assuré Hillary Clinton, 78 ans, à la BBC en février, rappelant que le couple avait demandé à maintes reprises la publication de l’intégralité du dossier Epstein.

Donald Trump et Bill Clinton, tous deux âgés de 79 ans, ont chacun entretenu des liens avec Jeffrey Epstein mais assurent avoir rompu avec lui bien avant sa mort en prison à New York en 2019 et n’avoir pas eu connaissance de ses crimes sexuels.

Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé de Jeffrey Epstein et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 ne pas lui avoir parlé depuis plus d’une décennie. Le criminel sexuel s’est rendu 17 fois à la Maison-Blanche sous le mandat de Bill Clinton, selon James Comer.

Quant à l’actuel président républicain, lui aussi apparu à maintes reprises avec Jeffrey Epstein, malgré ses assurances selon lesquelles il n’aurait « jamais pris l’avion d’Epstein », son nom apparaît huit fois sur la liste des passagers de l’appareil entre 1993 et 1996, selon un courriel d’un enquêteur datant de 2020.

« Innocents de tout méfait »

La commission de la Chambre des représentants, dominée par les républicains, a déjà entendu, le 9 février, la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, en visioconférence de la prison où elle purge une peine de 20 ans d’emprisonnement pour exploitation sexuelle. L’audition avait rapidement tourné court, Ghislaine Maxwell ayant sans surprise invoqué son droit constitutionnel à garder le silence.

Mais elle « est prête à parler complètement et honnêtement si elle obtient une grâce du président Donald Trump », avait déclaré son avocat David Markus, selon une vidéo de son audition parlementaire. Ghislaine Maxwell serait prête notamment à témoigner du fait que « le président Trump et le président Clinton sont innocents de tout méfait », a-t-il assuré.

Fin janvier, le ministère de la justice américain a publié « plus de trois millions de pages » en partie caviardées du dossier Epstein, affirmant que l’administration Trump s’était ainsi acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la lumière sur ce dossier politiquement explosif. Ces documents ne contiennent pas d’élément pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires, avait prévenu d’emblée le numéro 2 du ministère, Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump.

Bien que la simple mention du nom d’une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités redoutent les répercussions des révélations sur leurs liens passés avec le criminel sexuel.

Le Monde avec AP, AFP et Reuters



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