Au Venezuela, la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, écarte du gouvernement l’épouse d’Alex Saab, un homme lige de Nicolas Maduro

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Camilla Fabri à Caracas, le 16 mars 2023.

La présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a annoncé, lundi 23 février, avoir écarté du gouvernement Camilla Fabri, l’épouse d’Alex Saab, un homme lige du président déchu Nicolas Maduro.

« J’ai nommé Rander Peña vice-ministre de la communication internationale. (…) Nous remercions Camilla Fabri Saab pour le travail qu’elle a accompli », a écrit Mme Rodriguez sur Telegram, un mois après avoir remercié Alex Saab, qui dirigeait le ministère de l’industrie.

Arrêté en 2020 au Cap-Vert et extradé en 2021 vers les Etats-Unis qui l’accusaient de détournement d’aide alimentaire au profit de Nicolas Maduro, Alex Saab avait été échangé en décembre 2023 contre dix Américains emprisonnés au Venezuela, une libération que Nicolas Maduro, capturé le 3 janvier par l’armée américaine, avait alors qualifiée de « triomphe ». Il avait été accueilli en grande pompe à son retour.

Accusations de corruption

Début février, des médias ont fait état de l’arrestation à la demande du FBI d’Alex Saab alors qu’une source proche du pouvoir avait confié que ce dernier était « dans sa maison », sans vouloir en dire plus.

Alex Saab s’était rapproché du gouvernement vénézuélien durant les dernières années du mandat de Hugo Chavez (1999-2013) et en était venu à gérer un vaste réseau d’importations pour le gouvernement de Nicolas Maduro. Il était considéré comme un intermédiaire-clé du pouvoir, alors que le pays tentait de s’adapter aux sanctions internationales. Il était notamment chargé des importations de produits destinés au programme social de vente subventionnée de denrées, connu sous le nom de Comité local d’approvisionnement et de production (CLAP), éclaboussé par des accusations de corruption.

Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente de Nicolas Maduro, a pris les rênes du pouvoir après la capture de ce dernier. Sous la pression de Washington, elle a opéré de nombreux changements, réformant le secteur pétrolier pour l’ouvrir au privé ou favorisant la libération de prisonniers politiques.

Une trentaine de prisonniers libérés lundi

La loi d’amnistie promulguée jeudi, sous pression américaine, doit permettre de libérer des centaines de détenus politiques. Le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez – frère de Delcy Rodriguez – a déclaré que 1 500 personnes avaient demandé à bénéficier de la mesure. La loi a néanmoins été jugée insuffisante par des défenseurs des droits humains. Elle ne couvre pas, par exemple, les cas liés au domaine militaire, fréquents dans la prison de Rodeo 1, où quelque 200 détenus ont entamé une grève de la faim durant le week-end, selon leurs proches. Une partie d’entre eux ont toutefois pu sortir de prison, ces derniers jours.

Une trentaine ont ainsi été libérés lundi en fin d’après-midi, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). « On est libres, on est libres ! », ont crié les anciens prisonniers, crânes rasés, T-shirts blancs, accueillis par de nombreux proches qui campaient devant l’établissement depuis des semaines.

« J’ai subi de la torture, des coups, des mauvais traitements physiques. Ils m’ont menacé d’emprisonner mon père si je ne disais pas ce qu’ils voulaient… Ils m’accusent de choses qui ne tiennent pas la route », a confié Jesus Daniel Rivas Avila qui fait partie d’un groupe de « cadets » de l’armée, accusés de conspiration

Par ailleurs, le ministre des affaires étrangères vénézuélien, Yvan Gil, a demandé « la libération immédiate » par les Etats-Unis de Nicolas Maduro en s’adressant, lundi, au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. « Le 3 janvier 2026 a marqué un tournant d’une extrême gravité. Une action militaire illégale contre notre pays a entraîné la mort de plus de 100 personnes et la détention arbitraire » de M. Maduro et de son épouse, a ajouté le chef de la diplomatie vénézuélienne.

Tous deux attendent d’être jugés pour narcotrafic à New York, où M. Maduro s’est dit « prisonnier de guerre ».

Le Monde avec AFP



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