
Le Collectif citoyen pour la dépénalisation de l’avortement, récompensé du prix Simone-Veil de la République française, à Paris, en 2023, a dû se résoudre à sa dissolution. Comme tant d’autres organisations au Salvador, pays dirigé d’une main de fer, depuis 2019, par Nayib Bukele, l’ONG a renoncé à son statut juridique et ne pourra plus défendre devant les tribunaux les femmes accusées d’avoir avorté.
En mai 2025, en effet, le président a fait adopter une loi dite « des agents étrangers », similaire à celle existant en Russie ou au Nicaragua, qui impose une taxe de 30 % sur les financements internationaux, indispensables aux ONG au Salvador, et les oblige à être surveillées par l’Etat.
« Cette loi nous considère comme des agents étrangers, alors que nous sommes des organisations locales, explique Morena Herrera, ex-présidente du collectif. Son adoption a confirmé notre décision d’agir autrement. Nous allons désormais nous concentrer sur la mobilisation sociale pour créer un tissu associatif solidaire et un réseau d’information pour les Salvadoriennes. »
Forcé de renoncer à sa personnalité juridique, le collectif citoyen a donc été dissous et ne pourra plus assumer de représentation légale des femmes emprisonnées. « En même temps, nous avons créé une autre instance, le Mouvement régional pour le droit à l’avortement [La Movimienta], précise Mme Herrera. Nous n’avons pas renoncé à lutter, ni quitté le pays. Au contraire, la lutte féministe est bien vivante au Salvador, malgré les difficultés. »
Il vous reste 71.78% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

















