
On le pensait enterré avec son régime sanguinaire. Mais le premier tour de l’élection présidentielle chilienne, dimanche 16 novembre, a montré que, dix-neuf ans après le décès du dictateur Augusto Pinochet (1915-2006), le pinochétisme n’est pas mort.
Entre le candidat du Parti républicain, José Antonio Kast, arrivé deuxième, et Johannes Kaiser, du Parti national libertarien, arrivé quatrième, l’extrême droite a réuni 37,8 % des voix. Et il est très probable qu’au second tour, prévu le 14 décembre, M. Kast l’emporte sur la candidate de gauche, la communiste Jeannette Jara.
José Antonio Kast, 59 ans, a eu comme mentor à l’école de droit de l’Université catholique Jaime Guzman, proche conseiller de Pinochet et rédacteur de la Constitution de 1980. Lors du plébiscite de 1988, il vote pour le maintien au pouvoir du dictateur – qui a fait 40 000 victimes, parmi lesquelles plus de 3 000 morts et disparus. S’il est élu, il deviendra ainsi le premier président du pays à avoir soutenu le régime militaire.
En 2017, M. Kast se présente une première fois à la présidentielle. Il assure que Pinochet, s’il avait été vivant, aurait voté pour lui. Il rend visite en prison à des personnes condamnées pour crimes contre l’humanité commis pendant la dictature, dont Miguel Krassnoff, qui cumule un total de mille ans de prison. « Je ne crois pas toutes les choses qu’on dit sur lui », assure le candidat.
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