
En plus de trente ans d’enseignement, c’était une première. Il y a peu, durant l’un de ses cours d’histoire-géographie en classe de 4e, Christine (elle a requis l’anonymat) a senti monter la tension avec l’une de ses élèves, sujette à d’importantes crises de colère. A n’importe quel autre adolescent qui aurait fait montre d’indiscipline, elle aurait fait une remarque. Mais ce jour-là, une question l’a taraudée avant d’intervenir : « Si je fais quelque chose, qu’est-ce qui va se passer ? » Elle n’a rien dit, pour éviter le conflit avec cette élève qui a finalement été exclue du collège quelques semaines plus tard. « Dans le contexte actuel, on se dit parfois qu’il pourrait nous arriver n’importe quoi », admet cette enseignante de 56 ans.
Le « contexte actuel », c’est celui d’une série inédite de cinq attaques au couteau en moins de dix mois commises par des élèves dans l’enceinte scolaire, dont quatre ont visé des personnels de l’éducation nationale, toutes des femmes. L’une d’entre elles, Mélanie G., surveillante dans un collège de Nogent (Haute-Marne), est morte le 10 juin 2025. Le dernier drame a eu lieu à Sanary-sur-Mer (Var), où un adolescent de 14 ans a poignardé sa professeure d’arts plastiques le 3 février – son état de santé s’améliore « progressivement », selon le ministère de l’éducation nationale, après plusieurs semaines dans un état critique.
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