A la Foire du livre de Damas, un pluralisme inédit

4168


Dans l’une des sections du Salon international du livre de Damas, le 10 février 2026.

Un voile en gaze gris-bleu sur les cheveux, et un badge de la Palestine épinglé à la veste, Dalaa Othman épluche les essais politiques présentés au Salon du livre de Damas. L’étudiante en sciences politiques de 23 ans est venue pour la clôture du salon, lundi 16 février, pour la troisième journée consécutive, à la recherche de perles rares. Passionnée de lecture, la Syrienne ne s’est jamais laissée décourager par la censure qu’imposait le président Bachar Al-Assad sous sa dictature. Elle faisait venir les essais politiques et les romans interdits en Syrie depuis le Liban et l’Irak.

Depuis la chute de l’ancien dictateur, le 8 décembre 2024, Dalaa Othman n’a plus à se donner cette peine. Les livres qu’elle affectionne sont en vente libre dans le pays. Pour la première édition du Salon du livre de Damas qu’elles organisent, les nouvelles autorités, emmenées par l’ancien djihadiste Ahmed Al-Charaa, ont mis un point d’honneur à ce que l’événement, vitrine de leur pouvoir, incarne diversité et ouverture. « Après quatorze ans de guerre, le peuple syrien est détruit de l’intérieur et a besoin de ce type d’activités pour oublier le passé et regarder vers l’avenir. Il n’y a aucune limite sur aucun livre, à l’exception de ceux qui promeuvent la division confessionnelle », dit Ali Al-Rifai, un responsable du ministère de l’information.

Il vous reste 67.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link