A Hongkong, on n’attaque pas impunément les échafaudages en bambou

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LETTRE DE HONGKONG

Après l’incendie du complexe résidentiel Wang Fuk Court, à Tai Po (Hongkong), le 29 novembre 2025.

Les spectaculaires échafaudages en bambou, qui enveloppent aussi bien les temples taoïstes que les plus hauts gratte-ciel de Hongkong font partie du décor et même du patrimoine culturel dans l’ancienne colonie britannique devenue « région administrative spéciale » de la Chine en 1997. Leur effet carte postale en a fait l’une des particularités les plus reconnaissables du territoire d’autant que la Chine continentale en a depuis longtemps limité l’usage.

Le montage et le démontage de ces immenses damiers verticaux jaune paille par des « compagnons » spécialement qualifiés et appelés « maîtres échafaudeurs », dont on voit les petites silhouettes s’agiter parfois si haut entre le ciel et le vide, est un spectacle en soi. Bravant les typhons et s’adaptant à des immeubles toujours plus haut, ces structures éphémères magistrales relient aussi Hongkong à son passé ancestral, plus rustre et plus acrobatique.

Depuis que ces échafaudages traditionnels ont été accusés, à tort, d’avoir joué un rôle prépondérant dans l’incendie qui a ravagé un complexe de tours d’habitations subventionnées, le 26 novembre 2025, dans la ville nouvelle de Tai Po (161 morts et plusieurs dizaines de blessés), leur place dans le cœur des Hongkongais semble avoir soudainement été réaffirmée.

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