
La vie politique chinoise suit une routine particulièrement réglée et rigide. Dans un monde chaotique, elle doit poser le Parti communiste en garant d’une stabilité qui se veut rassurante. Ainsi chaque année s’ouvre le 5 mars une séquence d’une dizaine de jours de réunions de l’Assemblée nationale populaire, la chambre d’enregistrement du Parti unique, qui compte près de 3 000 délégués validant chaque projet arrêté par la direction. Et tous les cinq ans à cette même période, Pékin finalise également son plan pour les cinq années suivantes, une planification caractéristique de régimes d’inspiration léniniste présentée comme un avantage de l’absence de processus démocratique.
Cette édition, cependant, était spéciale, du fait de la grande incertitude dans laquelle est plongé le monde, en pleine guerre au Moyen-Orient et alors que les navires qui approvisionnent l’Asie en pétrole et en gaz ne circulent plus dans le détroit d’Ormuz. L’économie de la Chine a ralenti aussi, malgré ses percées dans les nouvelles technologies, le chômage des jeunes y a augmenté, la perte de foi en l’avenir avec, et les autorités doivent montrer qu’elles sont conscientes des enjeux. « Rarement depuis de nombreuses années nous avions été confrontés à un contexte aussi grave et compliqué, où les chocs et défis extérieurs se mêlent aux difficultés intérieures et à des choix politiques complexes », a constaté, jeudi 5 mars, le premier ministre, Li Qiang, devant toute la direction politique chinoise rassemblée autour du président Xi Jinping.
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