A Bruxelles, Macron s’efforce de limiter le recul de l’influence française

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Valérie Hayer, tête de liste Besoin d’Europe, lors de la  soirée électorale de la majorité présidentielle pour les européennes à la Maison de la Mutualité. A Paris, le 9 juin 2024.

Entre déni et persévérance, Valérie Hayer est arrivée à ses fins. Après la contre-performance des macronistes, dont elle était la tête de liste aux élections européennes, le 9 juin, l’eurodéputée a été reconduite à la présidence du groupe libéral Renew au Parlement de Strasbourg, mardi 25 juin. Quinze jours durant, elle s’est battue pour conserver ce poste, qu’elle occupe depuis que, en janvier, son prédécesseur Stéphane Séjourné a été nommé ministre des affaires étrangères.

Au sein du groupe centriste, où la délégation française reste la plus fournie, l’aile libérale de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), qui rassemble une large majorité des troupes, contestait sa reconduction. Mais Sophie Wilmès, l’ex-première ministre belge, qui a rejoint les bancs de l’Hémicycle strasbourgeois et dont la candidature aurait même été soutenue par Paris, ne souhaitait pas s’engager tout de suite.

Un temps, l’élu portugais Joao Cotrim Figueiredo a envisagé de se présenter contre Valérie Hayer, mais, constatant, lundi, qu’il n’avait pas les soutiens requis, il a finalement abandonné. Valérie Hayer a su convaincre certaines délégations de rester à ses côtés. D’autres, comme les Slovaques et les Néerlandais de D66, jugeaient son concurrent potentiel trop à droite. « Les Irlandais vont probablement obtenir la première vice-présidence du groupe », ajoute une source macroniste.

En minorité au Conseil européen

A Paris, alors que les sondages prévoient une poussée de l’extrême droite aux élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, on se félicite de la victoire de Valérie Hayer. Emmanuel Macron, en perte d’influence dans la sphère communautaire, tenait à ce que le groupe reste dirigé par un Français. Les présidents des chrétiens-démocrates du Parti populaire européen (PPE), des sociaux-démocrates (S&D) et de Renew – la majorité parlementaire sur laquelle la Commission devrait s’appuyer pour faire voter ses projets législatifs – sont, en effet, les interlocuteurs naturels de l’exécutif communautaire.

Après avoir largement influencé l’agenda européen depuis 2019, la France sait que la législature qui s’annonce ne peut que lui être moins favorable. A la table du Conseil européen, où douze des vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement appartiennent au PPE et où le Néerlandais Mark Rutte et le Belge Alexandre de Croo sont sur le départ, le président français est aujourd’hui largement en minorité.

Au Parlement européen, le groupe Renew a perdu des élus – il en compte désormais 74 sur un total de 720, contre 103 avant le 9 juin – et, en son sein, les Français ne sont plus que treize, contre vingt-trois dans la précédente législature. Pis, là où Renew était le troisième groupe du Parlement européen, il s’est fait dépasser par les droites souverainistes des Conservateurs et réformistes européens (ECR), dominées par Fratelli d’Italia, le parti postfasciste de la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni. « On est affaiblis, dans un Parlement où le barycentre est plus à droite et où l’extrême droite a progressé », résume un diplomate européen.

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