
LETTRE DU BENELUX
Il y a une trentaine d’années, des humoristes belges déjantés, les Snuls (« stupides », « idiots » en dialecte bruxellois), lançaient un slogan : « La Belgique est un plaisir et doit le rester. » Une formule toujours appropriée quand survient l’un de ces épisodes étonnants qui égaient régulièrement la vie publique du royaume.
Le dernier en date s’est déroulé le 14 février 2026, avec la nomination du ministre-président de la Région Bruxelles-Capitale. Jusque-là bourgmestre (maire) d’Uccle, l’une des communes les plus huppées des dix-neuf municipalités qui composent la troisième région belge, Boris Dilliès a accédé à cette fonction par la grâce de son président de parti, Georges-Louis Bouchez, dirigeant du Mouvement réformateur, une formation libérale de droite. Ce choix a surpris tout le monde, y compris le principal intéressé : M. Dilliès, « pas candidat mais enthousiaste », semblait néanmoins un peu inquiet à la perspective de diriger une région en difficulté, financièrement exsangue et politiquement instable : il a fallu 645 jours pour constituer une majorité composée de trois partis francophones et quatre néerlandophones.
Il vous reste 78.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



















