
Jusqu’où l’inné va-t-il se nicher ? Une expérience originale portant sur des oisillons de choucas des tours (Corvus monedula) éclaire la façon dont leur instinct et une forme d’apprentissage peuvent se combiner pour les amener à ne réagir qu’aux vraies menaces venues du ciel. Dans la revue Biology Letters du 4 mars, Hannah Broad, Guillam McIvor et Alex Thornton, de l’université d’Exeter (Royaume-Uni), décrivent comment ils ont installé des caméras et des microphones dans trente-neuf nids de deux villages de Cornouailles, dans l’ouest de l’Angleterre, peu après la naissance de choucas des tours. Ils ont ensuite diffusé par haut-parleur différents cris d’oiseaux pour voir les réactions des oisillons.
Dans un premier temps, bien à l’abri dans leur nid, les petits ont été soumis aux cris d’appel d’une espèce prédatrice, l’autour des palombes (qui n’est pas présente dans la région) et à ceux du pluvier doré d’Amérique, qui n’est pas une menace pour eux. Durant la phase d’entraînement, ces cris ont été associés à ceux que les représentants de leur propre espèce émettent en situation de danger, comme signal d’alarme ou de rassemblement pour harceler et faire fuir l’intrus. Mais aussi à des cris neutres, dits de simple contact. Enfin, la phase de test permettait de mesurer si les choucas juvéniles changeaient de comportement lorsqu’ils percevaient les seuls cris de l’autour ou du pluvier.
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