« La dynamique réactionnaire enclenchée outre-Atlantique menace les droits économiques et sociétaux des Américaines »

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L’affaire est sidérante. Le 18 février, l’Equal Employment Opportunity Commission, l’agence fédérale américaine chargée de faire respecter les lois antidiscrimination au travail, a annoncé porter plainte auprès d’un tribunal du New Hampshire contre Coca-Cola Beverages Northeast, un distributeur de la célèbre boisson. Motif : en 2024, cette entreprise a organisé un événement de réseautage pour les femmes qu’elle emploie, auquel participèrent 250 d’entre elles. L’un de leurs collègues se plaignit alors auprès de la commission que l’événement soit fermé aux hommes.

Celle-ci vient donc de lui donner raison, jugeant la rencontre discriminatoire, conformément à la guerre ouverte par Donald Trump, depuis son retour à la Maison Blanche, contre les programmes favorables à l’inclusion et à la diversité dans les entreprises. A savoir ces mesures destinées à soutenir les personnes dont les chances ne sont pas égales à celles de la majorité en raison des discriminations structurelles dont elles font l’objet : femmes, minorités, handicapés. La dynamique réactionnaire enclenchée outre-Atlantique menace les droits économiques et sociétaux des Américaines, et l’on peut en dire autant des pays européens où elle est également à l’œuvre.

A quelque jours du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, il n’est sans doute pas inutile de rappeler que celles-ci restent largement sous-représentées dans les postes de pouvoir. Selon le classement 2025 du magazine Fortune, elles sont 11 % seulement à être à la tête des 500 plus grandes entreprises américaines. En France, elles ne pèsent que 7,5 % des 80 postes de président ou directeur général des entreprises du CAC 40, rappelle l’Observatoire Skema de la féminisation des entreprises.

Parentalité et inégalités

Ajoutons que l’écart de salaire entre les hommes et les femmes – il est de 21,8 % en France, selon l’Insee – ne tient pas seulement au fait que ces dernières évoluent dans des secteurs moins rémunérateurs et sont plus nombreuses à occuper des postes à temps partiel. La différence est également liée à la maternité, en raison des interruptions et choix de carrière qu’elle engendre comme des discriminations qui l’accompagnent, plus ou moins conscientes, de la part des employeurs.

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