
Rakesh scrute par le hublot de l’avion les hauts sommets enneigés de l’Himalaya népalais qui percent au-delà des nuages. « J’aime mon pays », confie-t-il avec émotion, peu avant la descente vers Katmandou. Cet ingénieur népalais arrive de Londres où il s’est expatrié il y a trois ans. Il revient pour voter aux élections législatives du 5 mars et surtout pour découvrir son premier enfant. Le nourrisson est né il y a six mois et il n’a pu venir avant.
Le trentenaire a été formé dans le meilleur institut indien, l’institut de technologie de Bangalore, puis il a monté sa propre affaire à Katmandou. Tout s’annonçait bien pour lui, mais les deux confinements imposés par le gouvernement durant l’épidémie de Covid-19 ont eu raison de ces projets. L’économie népalaise, très dépendante du tourisme, s’est complètement effondrée, et le jeune homme a dû quitter le Népal pour trouver un travail au Royaume-Uni. « Le pays a besoin d’un nouveau souffle, d’un grand changement et de nouvelles têtes, je voterai pour le renouvellement. J’ai envie de vivre ici », assure-t-il.
Comme Rakesh, entre 2 000 et 2 500 Népalais se pressent chaque jour à l’aéroport international de Katmandou, 67 000 par mois, selon les chiffres officiels, beaucoup de travailleurs manuels embauchés sur les chantiers des pays du Golfe, mais aussi des ingénieurs, des diplômés. Le Népal, enclavé, souffre d’un manque cruel d’emplois, d’industrie et de perspectives. Le pays est encore essentiellement rural, mais en raison de la géographie montagneuse, les surfaces cultivées ne représentent que 18 % de la superficie totale du pays. L’agriculture, essentiellement familiale, ne peut subvenir aux besoins d’une population de 30 millions d’habitants, qui a doublé entre 1971 et 2011.
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