
LETTRE DE BUENOS AIRES
Sur les étagères de sa salle à manger, 100 tronçonneuses. Mariano « Tute » Di Tella n’est pas peu fier de sa collection. « Elles peuvent toutes fonctionner si on met de l’essence », précise le mécanicien de profession, fasciné par ces outils dentés depuis l’adolescence et la découverte du film Massacre à la tronçonneuse.
C’est cet artisan qui a offert en 2024 à l’ultralibéral Javier Milei son exemplaire présidentiel de 8 kilogrammes, gravé de la phrase à la tonalité biblique « les forces du ciel », présent sur de nombreuses images officielles. « La tronçonneuse est un symbole d’agressivité, de détermination, c’est élégant, brillant, ça incarne le changement radical », s’enthousiasme ce père de famille de 46 ans depuis sa salle à manger faisant office d’atelier. Seule la passion l’anime : il assure avoir réalisé le modèle officiel ad honorem.
Tout rapproche le quadragénaire de l’univers de Javier Milei : ses envolées mystiques (il se guide selon « les énergies »), le tatouage d’un lion sur le bras, son signe astrologique (balance, un autre symbole du président argentin), sa tenue entièrement noire de rockeur (Javier Milei s’improvise parfois chanteur rugissant), son rejet du féminisme « qui est allé trop loin », une certaine maladresse. Pourtant, Mariano « Tute » Di Tella n’a jamais rencontré le président. Et il évite absolument de se prononcer sur ses politiques à la tronçonneuse.
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