la sécheresse, qui perdure, expose des millions d’habitants à un risque de famine, alerte la Croix-Rouge

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Des femmes somaliennes devant leur abri de fortune après avoir fui la sécheresse dans la région de Shabeellaha Hoose pour rejoindre le camp de Mogadiscio, en Somalie, le 20 février 2026.

La crise humanitaire qui perdure en Somalie menace de s’aggraver de façon « imminente », a alerté, mardi 3 mars, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Selon l’organisation humanitaire, des millions de personnes risquent d’être exposées à la famine dans le pays, en raison de la sécheresse.

Après deux saisons des pluies consécutivement marquées par des précipitations insuffisantes, la Croix-Rouge redoute un retour aux niveaux de famine catastrophiques observés en 2022. « Si les pluies tardent encore à venir, seul un renforcement massif de l’aide humanitaire pourra empêcher des millions de personnes de sombrer davantage dans une situation d’urgence alimentaire », s’inquiète-t-elle dans un communiqué.

En Somalie, la population classée comme étant dans une situation « de crise ou pire » a « presque doublé entre le début de 2025 et février-mars 2026, pour atteindre le chiffre stupéfiant de 6,5 millions de personnes », d’après une évaluation publiée la semaine dernière par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, un organisme de l’ONU attaché à mesurer la faim et la malnutrition dans le monde.

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L’élevage « en voie d’effondrement »

L’aggravation de la situation somalienne « survient dans un contexte de forte diminution des financements humanitaires destinés [au pays] », poursuit le CICR. « De nombreuses organisations sont contraintes de mettre fin à des programmes, réduisant ainsi le soutien apporté aux populations sous forme d’aide alimentaire et d’approvisionnement en eau, de soins médicaux et d’appui aux moyens de subsistance, alors même que les besoins ne cessent d’augmenter », ajoute-t-elle.

Le 20 février, le Programme alimentaire mondial des Nations unies a prévenu qu’il devrait cesser son aide humanitaire dans ce pays situé dans l’est du continent africain d’ici à avril, s’il ne recevait pas de nouveaux fonds.

Le CICR précise que l’élevage, affaibli par des chocs climatiques répétés, y « est aujourd’hui en voie d’effondrement », alors que plus de 60 % de la population dépend de ce secteur pour vivre. « Les cheptels sont décimés, laissant des familles sans aucune source de revenus ou de nourriture et poussant des milliers de personnes à chercher refuge dans des camps de fortune », écrit l’organisation.

« Les combats [dans le pays] ont provoqué des déplacements. La sécheresse, aussi… », se désole Mohamed Sheikh, qui supervise les opérations du CICR dans la région de Galguduud, dans l’extrême-est du pays, en bordure de l’océan Indien. « Si la pluie n’arrive pas bientôt, la situation deviendra désespérée. »

Le Monde avec AFP



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