A la synagogue de la Roquette, à Paris, une fête de Pourim sur fond d’inquiétudes autour de l’intervention d’Israël en Iran

3327


La synagogue de la Roquette, dans le 11ᵉ arrondissement à Paris.

Soudain, un formidable fracas remplace le pieux silence qui régnait dans la synagogue de la Roquette, à Paris, en cette soirée du lundi 2 mars. Les fidèles, souriants, joyeux, déguisés pour certains, tapent du pied, font tourner leurs crécelles, poussent des petits cris. Il s’agit, comme le veut la tradition à Pourim, de faire du bruit à chaque fois que le nom d’Haman – un haut dignitaire de l’Empire perse ennemi du peuple juif qu’il a cherché à détruire – est prononcé lors de la lecture du Livre d’Esther, afin d’effacer son souvenir. A Pourim, est fêté justement la victoire de cette reine, Esther, épouse juive du roi perse Assuérus, contre ce grand vizir, et le sauvetage de son peuple. Alors ce soir-là, parmi les fidèles, on se réjouit, on se salue, on se retrouve en famille et entre amis et on s’offre des cadeaux.

Derrière leurs sourires, beaucoup de personnes présentes lundi rue de la Roquette confient pourtant être inquiètes. Samedi 28 février, c’est justement à la synagogue que certains d’entre eux, qui observaient le shabbat et n’avaient donc accès ni à leurs téléphones, ni à leurs radios ou leurs ordinateurs, ont appris l’attaque coordonnée entre les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. C’est là aussi qu’ils ont su pour les tirs de roquettes lancés par le régime chiite contre l’Etat hébreu en représailles. « Beaucoup de personnes, y compris moi, étaient en larmes, mortes d’inquiétude », raconte Juliette, 75 ans, qui a souhaité demeurer anonyme, comme les autres personnes citées par leur prénom.

Il vous reste 74.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link