
Le coût de l’augmentation du nombre de têtes nucléaires annoncée lundi par Emmanuel Macron sera financé par le budget supplémentaire prévu dans le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), a affirmé, mardi 3 mars, la ministre des armées.
« Vous verrez que dans la loi de programmation, nous avons ce qu’on appelle une surmarche, c’est-à-dire une augmentation de budget sur le sujet puisque le président de la République a souhaité que nous renouvelions des têtes », a expliqué Catherine Vautrin sur France Inter.
La dissuasion nucléaire représente actuellement « 13 % du budget de la défense », a-t-elle rappelé. Celui-ci s’élève à 57,1 milliards d’euros en 2026. Le gouvernement doit présenter au printemps un projet d’actualisation de la loi de programmation militaire, qui ajoute 36 milliards d’euros aux 413 milliards déjà prévus pour la période 2024-2030.
Maintenir « un pouvoir de destruction »
Si Emmanuel Macron a mis en avant lundi un concept de « dissuasion avancée » associant huit pays européens, « la France est souveraine de bout en bout », a rappelé la ministre. « Cela reste une décision totalement française, financée totalement par la France. C’est le fondement même de notre doctrine », selon elle.
L’augmentation du nombre de têtes (290 actuellement), dont le président n’a pas précisé le niveau, vise à « anticiper les évolutions futures » pour garantir la crédibilité de la dissuasion, a, de son côté, déclaré la ministre déléguée aux armées, Alice Rufo, sur TF1.
« Ce qui est anticipé là, c’est une complexification des crises, avec probablement potentiellement une coordination de nos adversaires et, surtout, la nécessité de maintenir ce qui est l’objet de la dissuasion, c’est-à-dire la capacité à avoir un pouvoir de destruction qui garantit justement la crédibilité de la dissuasion », selon elle.


















