Les îles du Pacifique Sud, victimes collatérales de l’explosion mondiale du narcotrafic

2010


Le 4 octobre 2025, la quiétude du village de Fourau, dans le nord-est de l’île de Malaita (îles Salomon), a été troublée par un événement dont les habitants se seraient volontiers passés. Ce jour-là, deux cousins, Reubenson et Martin Fugui, pêchaient au large, lorsqu’ils ont aperçu une embarcation en fibre de verre de 17 mètres de long, dérivant au fil de l’eau. Sur le circuit du carburant, une inscription – « Made in Colombia, 2024 » – a dissipé les derniers doutes de la police : il s’agissait bien d’un « narco-sub », ces sous-marins artisanaux utilisés par les cartels pour les transbordements de cocaïne, souvent abandonnés une fois la cargaison livrée.

« Narco-sub », sous-marin artisanal utilisé par les cartels, saisi à Buenaventura (Colombie), le 21 mars 2021.

Fréquents entre la Colombie, le Mexique et les Etats-Unis depuis les années 1990, ces engins font désormais route vers le Pacifique Sud. Aux îles Salomon, pas moins de trois ont été retrouvés près des côtes entre juillet et novembre 2025. Un signal alarmant, selon John Coyne, directeur du programme « sécurité des frontières » à l’Australian Strategic Policy Institute, un think tank créé par le gouvernement australien en 2001 : « On ne parle plus de ballons d’essai. Ce que l’on voit aujourd’hui, c’est une phase de consolidation : les réseaux investissent, montent en gamme et s’installent. »

L’alerte se propage désormais aux territoires français du Pacifique. En Nouvelle-Calédonie, jusque-là préservée des drogues dures, plusieurs affaires ont récemment défrayé la chronique. Le 22 juillet 2025, le tribunal de Nouméa a ainsi jugé 11 personnes pour trafic de cocaïne, dont des pêcheurs de langoustes de l’île des Pins, pris dans un scénario de trafic international qui, manifestement, les dépasse.

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