
LETTRE D’ISTANBUL
La vague d’arrestations a rarement atteint, hors périodes convulsives des coups d’Etat, un tel niveau d’intensité et de durée en Turquie. Mercredi 18 février, le journaliste Alican Uludag était placé en garde à vue pour « insulte au président » et « dénigrement de la nation turque ». Les raisons invoquées pour l’intervention d’une trentaine de policiers à son domicile : un reportage effectué en 2024 sur la libération de six membres de l’organisation Etat islamique et une dizaine de publications sur le réseau social X en 2025. Il risque jusqu’à quatre ans de prison.
Jeudi 19 février, six militants européens des droits humains, qui affirment être venus enquêter sur le système carcéral, étaient interpellés après une rencontre avec un cabinet d’avocats à Istanbul. Les autorités reprochent à ce dernier d’être en lien avec une organisation d’extrême gauche considérée comme terroriste par Ankara. Quelques heures plus tard, le parti d’opposition prokurde DEM annonçait, dans une requête adressée à une commission d’enquête parlementaire, qu’au moins 99 mineurs avaient été placés en détention dans le sud-est du pays après des manifestations de soutien aux Kurdes de Syrie.
Il vous reste 77.01% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



















