Etats-Unis : Téhéran salue de « bons progrès » et envisage de nouveaux pourparlers avec Washington « dans moins d’une semaine »

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Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, à gauche, et son homologue omanais, Badr Al-Boussaïdi, à droite, à Genève, en Suisse, jeudi 26 février 2026. Photo diffusée par le ministère des affaires étrangères iranien.

L’Iran s’est montré confiant, jeudi 26 février au soir, après des discussions indirectes à Genève avec les Etats-Unis, soulignant de « bons progrès » et disant avoir « abordé très sérieusement les éléments d’un accord, tant dans le domaine nucléaire que dans celui des sanctions », selon le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, à la télévision d’Etat.

Téhéran a également annoncé une probable nouvelle session de pourparlers « très bientôt, peut-être dans moins d’une semaine », qui apparaissent comme ceux de la dernière chance pour éviter une confrontation militaire après un déploiement américain massif au Moyen-Orient. Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de « dix à quinze jours » pour décider si un accord avec Téhéran était possible ou s’il allait recourir à la force.

Des discussions « entre équipes techniques » se tiendront au préalable lundi à Vienne, en Autriche, avec « l’aide d’experts » de l’Agence internationale de l’énergie atomique, selon M. Araghtchi. Le médiateur omanais a également parlé « de progrès significatifs », par la bouche de son chef de la diplomatie, Badr Al-Boussaïdi.

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L’Iran dénonce de « gros mensonges » après les accusations de Trump sur ses missiles balistiques

Les deux parties ont mené, jeudi, pendant plusieurs heures, une troisième session de pourparlers à la résidence de l’ambassadeur d’Oman, près de Genève. Washington veut arracher un accord empêchant notamment l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, une crainte des Occidentaux alimentant de longue date les tensions avec Téhéran. La République islamique dément nourrir de telles ambitions, mais campe sur son « droit » au nucléaire civil, en vertu du traité de non-prolifération dont elle est signataire.

Autre sujet de discorde : Washington exige d’aborder la question du programme balistique iranien, ce qu’exclut l’Iran, dont la diplomatie a affirmé que seul le dossier nucléaire serait débattu.

Dans son discours sur l’état de l’Union, mardi, le président Trump a accusé l’Iran de disposer de « missiles qui peuvent menacer l’Europe » et des bases militaires américaines à l’étranger, et d’œuvrer à en concevoir des plus puissants, capables « d’atteindre bientôt les Etats-Unis ». Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2 000 kilomètres, a dénoncé de « gros mensonges ». L’Iran dispose d’un large arsenal conçu localement, incluant des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël, son ennemi juré, et des pays d’Europe orientale.

Treize navires militaires américains au Moyen-Orient

« Les négociateurs font preuve d’une ouverture sans précédent à des idées et des solutions nouvelles et créatives », a salué plus tôt jeudi M. Al-Boussaïdi, après avoir rencontré l’émissaire américain Steve Witkoff, accompagné de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.

Selon The Wall Street Journal, ces derniers porteraient toutefois des demandes maximalistes, incluant un démantèlement total des trois principaux sites nucléaires iraniens, Fordo, Natanz et Ispahan – ciblés par des frappes américaines en juin –, et la remise aux Etats-Unis des stocks d’uranium enrichi du pays.

Les deux pays ennemis ont renoué le dialogue le 6 février à Oman, avant de se retrouver le 17, en Suisse. De précédents pourparlers avaient été interrompus par la guerre déclenchée en juin 2025 par Israël contre l’Iran, à laquelle Washington s’était brièvement joint.

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Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang en janvier d’un vaste mouvement de contestation des Iraniens, auxquels Donald Trump avait alors promis de venir « en aide ». De nouveaux rassemblements ont eu lieu ces derniers jours dans les universités, et trois étudiants ont été suspendus pour avoir brûlé le drapeau de la République islamique, adopté après la révolution de 1979, qui avait renversé la monarchie.

Washington compte actuellement 13 navires de guerre au Moyen-Orient. Il y a déployé deux porte-avions dont le Gerald-R.-Ford, le plus grand au monde, qui a repris la mer jeudi après un arrêt en Crète, selon un photographe de l’Agence France-Presse.

Le Monde avec AFP



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