syndicats et associations demandent l’interdiction de la présence du collectif identitaire Némésis des manifestations

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Alice Cordier (à gauche), présidente de Némésis, lors de la marche en hommage au militant d’extrême droite Quentin Deranque, à Lyon, le 21 février 2026.

Des syndicats et associations demandent jeudi 26 février dans une lettre au ministre de l’intérieur l’interdiction de la présence du collectif identitaire Némésis dans les manifestations du 8-Mars, journée internationale des droits des femmes.

Lire le grand format | Article réservé à nos abonnés Némésis, des identitaires grimées en féministes

Les signataires de cette lettre ouverte – la CGT, la CFDT, l’UNSA, Solidaires, la FSU, le Planning familial ou encore Osez le féminisme – demandent à Laurent Nuñez « de prévenir tout incident violent en interdisant la présence de Némésis dans et aux abords de [leurs] manifestations ».

« Si ce collectif souhaite défiler, qu’il organise ses propres initiatives ailleurs au lieu de venir saboter les nôtres », ajoutent-ils. Les signataires soulignent que, depuis plusieurs années, les manifestations organisées pour le 8-Mars sont « perturbées par la participation de Némésis, collectif féminin d’extrême droite ».

Ce collectif « ne partage absolument pas les revendications du mouvement féministe, notamment en matière de droit à l’avortement » et « cherche à instrumentaliser la mobilisation des femmes au service d’objectifs racistes », poursuivent-ils. A chaque fois que des membres de Némésis essayent de « s’infiltrer » dans les cortèges, elles sont « protégées par plusieurs dizaines d’hommes, militants de groupuscules d’extrême droite, formés à l’action violente et prêts à en découdre », dénoncent les auteurs.

Un 8 mars sans récupération

« Nous avons condamné le drame de Lyon et nous souhaitons que les manifestations féministes du 8 mars puissent se tenir sereinement », soulignent-ils. Mi-février à Lyon, le militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, âgé de 23 ans, est décédé après avoir été violemment frappé. Il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis qui manifestaient contre la venue de l’eurodéputée La France insoumise Rima Hassan pour une conférence à Sciences Po Lyon.

Six hommes soupçonnés de l’avoir frappé à mort ont été mis en examen pour « homicide volontaire » et un assistant du député LFI Raphaël Arnault pour « complicité ». Selon une source proche du dossier, ces sept mis en examen sont « connus pour être soit membres, soit proches de la Jeune Garde », un mouvement d’ultragauche dissout en juin.

Les tensions autour de la présence de Némésis lors des manifestations féministes du 8 mars ne sont pas nouvelles. Les syndicats et associations rappellent que la sécurité des participantes est régulièrement menacée par la venue de groupes d’extrême droite, qui cherchent à imposer leur vision et à perturber le déroulement des rassemblements. Cette situation alimente les inquiétudes quant à la possibilité d’organiser des événements pacifiques et inclusifs lors de cette journée symbolique.

Face à ces risques, les organisations signataires insistent sur la nécessité de garantir un espace sûr pour toutes les femmes mobilisées. Elles appellent les autorités à prendre des mesures concrètes pour empêcher toute tentative de récupération ou de violence, soulignant l’importance de préserver l’esprit de la journée internationale des droits des femmes.

La lettre adressée au ministre de l’intérieur s’inscrit dans une démarche de prévention, visant à éviter que de nouveaux incidents ne viennent entacher les mobilisations prévues. Les associations et syndicats espèrent ainsi obtenir une réponse rapide et ferme des pouvoirs publics afin d’assurer la sérénité des manifestations à venir.

Le Monde avec AFP



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