le jugement de l’Iranienne, rendu jeudi, aura une influence dans la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris

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Mahdieh Esfandiari, au tribunal correctionnel de Paris, le 13 janvier 2026.

C’est un jugement attendu par les proches de Cécile Kohler et Jacques Paris, dans un contexte de tension en Iran et de menace d’intervention américaine. Le tribunal correctionnel de Paris doit rendre sa décision, jeudi 26 février, dans le procès pour apologie du terrorisme de l’Iranienne Mahdieh Esfandiari. La peine décidée par les magistrats pourrait avoir une influence sur le dialogue avec Téhéran concernant les deux Français assignés à l’ambassade de France en Iran.

Quatre ans de prison, dont trois avec sursis, avaient été requis lors de l’audience du 16 janvier, assortis d’une interdiction définitive du territoire français. Elément important : la procureure avait estimé qu’il n’était pas nécessaire de l’incarcérer de nouveau, l’accusée ayant déjà effectué huit mois de détention provisoire.

Les autorités iraniennes ont émis le souhait d’échanger, une fois la procédure judiciaire close en France, leur ressortissante contre Cécile Kohler et Jacques Paris. Ces derniers avaient été incarcérés en Iran en mai 2022 avant d’être condamnés à de lourdes peines, notamment pour espionnage, puis libérés au début de novembre 2025 avec interdiction de quitter le territoire iranien. « On attend que la justice relaxe Mme Esfandiari », a déclaré mercredi à l’Agence France-Presse (AFP) son avocat, Mᵉ Nabil Boudi, ajoutant que sa cliente « veut être blanchie ». « Concernant l’échange [avec les deux Français], tout dépendra de la décision à venir », a-t-il commenté.

Apologie du 7-Octobre

Agée de 39 ans, Mahdieh Esfandiari, née en Iran et arrivée en France en 2018, était jugée avec quatre autres personnes, dont l’essayiste d’extrême droite multicondamné Alain Soral, pour apologie en ligne d’un acte de terrorisme après des propos relatifs au 7-Octobre, provocation directe en ligne à un acte de terrorisme (des délits passibles de sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende), injure publique en ligne en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion et association de malfaiteurs.

La justice française accuse Mme Esfandiari d’avoir alimenté les comptes de l’organisation Axe de la résistance en 2023 et 2024, sur les réseaux sociaux et le site Egalité et réconciliation d’Alain Soral. A la barre, cette admiratrice des gardiens de la révolution, qui a traduit en français des ouvrages publiés par une maison d’édition rattachée au régime iranien, a reconnu être à l’origine de la chaîne Telegram Axe de la résistance, mais contesté être l’autrice des publications.

Demande d’échange par Téhéran

Téhéran, de son côté, estime que sa ressortissante a été injustement détenue et a publiquement demandé son échange contre Cécile Kohler et Jacques Paris. « Cet échange entre nous et la France a été négocié. Il y a eu un accord et, en effet, nous attendons que toute la procédure juridique et judiciaire se fasse dans les deux pays », a déclaré à la fin de novembre le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, à la chaîne France 24.

« Le verdict a été prononcé, mais (…), sur la base de la loi iranienne (…), les prisonniers, sur la base des intérêts nationaux, peuvent être échangés, a expliqué Abbas Araghtchi. Tout est prêt. Nous attendons que le processus judiciaire s’achève en France ».

Au ministère des affaires étrangères français, on a pris acte de ces déclarations, mais on souligne que la justice est indépendante.

Les modalités d’un tel échange restent inconnues, alors qu’une grande incertitude continue de peser sur la situation en Iran. Les Etats-Unis, qui ont multiplié les menaces d’attaque en cas d’échec de la diplomatie sur le programme nucléaire iranien, ont déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe. Des pourparlers ont repris jeudi à Genève.

Le Monde avec AFP



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