Au Soudan du Sud, le manque de financements humanitaires menace la vie de 1,9 million de déplacés, selon des experts de l’ONU

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Des personnes déplacées, dans l’enceinte d’une église, à Akobo (Soudan du Sud), le 21 février 2026.

« L’insuffisance critique des financements [humanitaires] met en danger » la survie de près de 2 millions de personnes déplacées au Soudan du Sud, alerte, dans un communiqué publié le mercredi 25 février, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui dépend de l’ONU.

« Le Soudan du Sud supporte un fardeau extraordinaire », a rappelé Ugochi Daniels, directrice générale adjointe des opérations de l’OIM, en prévenant que ce « manque [risquait] de compromettre les progrès vers des solutions durables » pour les habitants du pays.

L’agence intergouvernementale précise que son plan d’intervention pour 2026 accuse un déficit de 29 millions de dollars. Les Etats-Unis, qui étaient le principal contributeur à l’ONU, ont drastiquement réduit leur aide étrangère depuis le retour au pouvoir du président Donald Trump, en janvier 2025. D’autres pays ont également réduit leurs contributions.

Déferlement de nouveaux arrivants

Depuis le début de la guerre au Soudan, en avril 2023, l’OIM chiffre à plus de 1,3 million le nombre de personnes ayant franchi la frontière pour se réfugier au Soudan du Sud. Un afflux qui exerce une « pression immense » sur les communautés frontalières, et sur des services publics déjà surchargés.

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Le Soudan du Sud, plus jeune Etat du monde, est en proie à la guerre civile, à la pauvreté et à une corruption massive depuis sa déclaration d’indépendance, en 2011. Tout en gérant les déplacements de sa propre population, causés par des années d’inondations et d’instabilité, le pays fait face à un déferlement massif de nouveaux arrivants, qui fuient le conflit au Soudan voisin.

Ces dernières semaines, la violence s’est intensifiée entre l’armée sud-soudanaise, loyale au président Salva Kiir, et les milices favorables à son rival de longue date, Riek Machar. La plupart de ces affrontements se concentrent dans l’Etat de Jonglei, où, selon l’ONU, au moins 280 000 personnes ont été déplacées.

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Le Monde avec AFP



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