
Le 14 février, à la conférence de Munich sur la sécurité, Volodymyr Zelensky a rendez-vous avec la presse après une journée d’entretiens et de rencontres. Les traits sont tirés sous la barbe de plus en plus grise. Difficile de reconnaître l’homme qui faisait rire l’Ukraine du temps de sa vie de comédien. Un journaliste français lui fait remarquer qu’il a l’air exténué. Le président esquisse un sourire, et rétorque : « Eh bien, ne me regardez pas. » La phrase fait sourire la salle. L’humour et le sens de la repartie sont toujours là. Mais le visage raconte autre chose : quatre années de guerre ont durablement laissé des marques.
Anodine, la scène résume l’état du pouvoir ukrainien : Volodymyr Zelensky est toujours là, omniprésent sur la scène internationale, central dans l’architecture politique de son pays. Mais l’énorme élan des débuts s’est peu à peu transformé en difficile équilibre, fait d’endurance et de tensions. A l’extérieur, Volodymyr Zelensky continue d’incarner la résistance de son pays, affichant une détermination sans faille face à ses partenaires étrangers ; à l’intérieur, il demeure la clé de voûte d’un système politique profondément affecté par la guerre, solide mais de plus en plus faillible.
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