
Jamais le général Abdourahamane Tiani ne s’était déplacé hors des frontières de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) que son pays, le Niger, forme avec le Mali et le Burkina Faso. Les 15 et 16 février, le militaire, qui a pris le pouvoir par un putsch à Niamey en juillet 2023, a été reçu avec les honneurs à Alger par le président Abdelmadjid Tebboune. Pour ce baptême diplomatique hors de la confédération sahélienne, le chef de la junte nigérienne a troqué ses éternels treillis et béret verts pour un boubou blanc.
Pour l’Algérie, en perte d’influence au Sahel depuis que des militaires souverainistes y ont pris le pouvoir, entre 2020 et 2023, par une succession de coups d’Etat, cette visite pourrait constituer un tournant. Elle marque en effet un coup d’arrêt au repli stratégique constaté ces dernières années dans sa traditionnelle arrière-cour sahélienne, où elle voit, facteur aggravant à ses yeux, son rival marocain tenter de s’engouffrer. Fin 2023, Mohammed VI avait offert aux Etats sahéliens l’accès à la façade atlantique du royaume, afin de permettre leur désenclavement économique. La manœuvre de Rabat était transparente : exploiter à son profit les déboires d’Alger avec ses voisins du Sud.
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