La faillite d’un marchand de réchauds à gaz au Kenya fait trembler la fragile architecture des marchés du carbone

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Une photo diffusée par l’entreprise Koko Networks pour vanter ses réchauds au bioéthanol auprès des ménages kényans, en 2022.

Quand Koko Networks a cessé ses activités à Nairobi, le 31 janvier, l’onde de choc s’est propagée jusqu’à Montréal, siège de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), semant un peu plus le doute quant à la fiabilité des mécanismes de compensation des émissions de CO2 élaborés pour permettre aux gros pollueurs d’effacer une partie de leur ardoise climatique.

L’entreprise kényane de distribution de réchauds à gaz – qui employait 700 salariés, tous licenciés, et un vaste réseau de revendeurs – était l’une des principales sociétés sur lesquelles les grands noms du secteur aérien regroupés au sein de l’OACI comptaient pour s’acquitter de leurs obligations.

A Washington, les murs de la Banque mondiale ont aussi tremblé. Il s’agit du premier projet de cette nature auquel l’institution financière a apporté sa garantie contre le risque politique et de rupture de contrat. Celui-ci est évalué à 179 millions de dollars (150 millions d’euros).

La société a été placée sous administration du cabinet international PricewaterhouseCoopers le 1er février. A travers plusieurs villes du pays, elle laisse derrière elle 1,5 million de clients privés de son réseau de 3 000 distributeurs automatiques installés dans des magasins de quartier. Chacun, grâce à une application de paiement mobile, pouvait y recharger sa bonbonne de bioéthanol, produit en majorité à partir de déchets de canne à sucre. Fondée en 2014, elle avait su s’attirer le soutien de grands fonds d’investissement, comme celui de Microsoft pour l’innovation climatique.

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