Le Gabon suspend les réseaux sociaux susceptibles « d’engendrer des conflits sociaux »

2150


Le président gabonais, Brice Oligui Nguema, à Libreville, en novembre 2025.

Dans un communiqué lu, mardi 17 février, sur la chaîne de TV publique Gabon 1ère, le porte-parole de la Haute Autorité de la Communication (HAC) au Gabon, Jean-Claude Mendome, a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre », sans désigner les plateformes concernées, expliquant que des contenus risquaient « d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques »

« La Haute Autorité de Communication (HAC) constate la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais, de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes mœurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale », a détaillé le porte-parole de l’institution.

La HAC s’inquiète aussi de « la propagation de fausses informations », de « cyberharcèlement », ou encore de « la divulgation non autorisée de données personnelles ». Dans son communiqué, elle a également « déploré », « l’indifférence » des plateformes et « l’absence d’une véritable volonté de modération des contenus illicites ».

Crise économique grave

Elu avec 94,85 % des voix, le 12 avril, dix-neuf mois après son coup d’Etat qui avait renversé Ali Bongo an août 2023, le président gabonais, Brice Oligui Nguema, a été confronté en janvier et février à sa première vague de contestation sociale avec une grève des enseignants qui dure par endroits depuis plus d’un mois.

Malgré en sol riche en pétrole et en manganèse, le pays de 2,3 millions d’habitants, en pleine crise économique, connaît un taux de chômage de 37 % pour les jeunes, selon la Banque mondiale, et les déraillements de train, les pannes d’eau et d’électricité y sont quotidiennes. En décembre, l’agence de notation Fitch avait abaissé la note du Gabon à « CCC- », alors que la dette publique totale du Gabon devait bondir à 80,4 % du PIB en 2025, et poursuivre sa hausse pour frôler les 87 % en 2027.

Le Monde avec AFP



Source link