
Sur une vidéo filmée par téléphone à la fin de l’année 2025, des employés du barrage de Tichrine apparaissent, l’air amusé, traversant l’Euphrate à bord d’une embarcation de fortune. Ils rejoignent leur poste sur l’ouvrage hydroélectrique, situé dans le nord de la Syrie, sur la ligne de front entre les forces gouvernementales et les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes). « Ces quatre derniers mois, on était amenés en bateau par des contrebandiers payés par les FDS, car la route était bloquée par les combats. C’était dangereux. On avait des drones turcs au-dessus de la tête », explique Mohammed Al-Hamoud.
L’ingénieur électrique de 55 ans, employé depuis trente ans sur le barrage, dont les sept derniers comme directeur, peut maintenant souffler. La prise de contrôle par les nouvelles autorités syriennes, le 18 janvier, de l’ouvrage d’art, ainsi que des territoires administrés par les FDS dans le Nord-Est syrien marque le retour à une certaine normalité.
Depuis le début de la guerre civile syrienne, en 2011, malgré les combats et des conditions de travail très précaires, le barrage n’a jamais cessé de fonctionner, que ce soit sous l’autorité de l’Armée syrienne libre (ASL) – la rébellion anti-Al-Assad –, des djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) ou des combattants des FDS. « Tous ceux qui ont pris le contrôle du barrage ont eu recours à nous, car nous seuls avions l’expérience et l’expertise nécessaires », précise M. Al-Hamoud.
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