Eric Coquerel dénonce une « récupération sordide et politicienne »

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Le député LFI Eric Coquerel, à l’Assemblée nationale, le 23 janvier 2026.

Le député « insoumis » Eric Coquerel a dénoncé, mardi 17 février, une « récupération sordide et politicienne » de la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, La France insoumise (LFI) ayant été très critiquée par ses opposants depuis cette agression.

« Nous rejetons ce type de violence parce que ce n’est jamais la solution », a dit Eric Coquerel sur RTL, affirmant penser aux parents du jeune homme de 23 ans, mort samedi à la suite d’un lynchage dans les rues de Lyon, en marge d’une conférence donnée à Sciences Po par l’eurodéputée « insoumise » Rima Hassan.

Il a estimé que les attaques contre LFI avaient pour but d’« affaiblir, voire d’éliminer la seule force alternative de gauche, peut-être capable d’empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir ». Il a dénoncé une « manière de faire absolument scandaleuse ». Eric Coquerel a aussi assuré que la violence politique est « profondément du côté de l’extrême droite ».

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a, pour sa part, déclaré mardi sur France Inter qu’il n’y avait « aucun lien » entre son mouvement et la mort de Quentin Deranque, rejetant « des accusations infondées, graves et mensongères ». « Il y a aucune responsabilité politique de La France insoumise dans ce drame », a-t-il martelé.

« Traumatisme crânio-encéphalique majeur »

Le procureur de la République de Lyon a confirmé, lundi lors d’une conférence de presse, l’extrême violence dont a été victime Quentin Deranque. Selon Thierry Dran, l’autopsie pratiquée a révélé que le jeune homme avait subi « un traumatisme crânio-encéphalique majeur » et « une fracture temporale droite ». Pour les experts médico-légaux, « ces lésions étaient au-delà de toute ressource thérapeutique, et mortelles à brève échéance ».

Le niveau de violence et leurs fatales conséquences ont décidé le parquet à poursuivre l’enquête criminelle sous la qualification d’« homicide volontaire », aggravée par trois circonstances : la réunion, la dissimulation des visages et l’usage d’armes par destination.

Les enquêteurs ont entendu une quinzaine de témoins, directement concernés par le déroulement des faits. Des analyses de plusieurs vidéos sont en cours. « Les constatations techniques se poursuivent toujours très activement », a rapporté M. Dran, se refusant à toute autre spéculation en dehors du champ des investigations judiciaires.

Le collectif Némésis, proche de l’extrême droite et se revendiquant féministe, a affirmé que Quentin Deranque avait été agressé par des militants antifascistes dont certains issus de la Jeune Garde, une organisation fondée en 2018 par Raphaël Arnault, aujourd’hui député LFI du Vaucluse. Le groupuscule antifasciste a, de son côté, assuré ne pouvoir « être tenue pour responsable » de la mort du militant d’extrême droite, « ayant suspendu toutes ses activités » car elle est visée par une procédure de dissolution.

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Concernant les identités qui circulent sur les réseaux sociaux, notamment sur la présence du collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault, M. Dran est resté prudent. « Je suis un magistrat, je m’attache aux faits. On est en phase d’identification des auteurs », a-t-il dit.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé lundi la « responsabilité morale » de LFI, qui « encourage depuis des années maintenant un climat de violence ».

L’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann a jugé « impensable » que la gauche « cultive le moindre doute » sur une « possible alliance avec La France insoumise » à la présidentielle de 2027. « Il va falloir maintenant qu’on mette un terme à cette brutalisation du débat public », a-t-il ajouté, affirmant « une responsabilité de tous les dirigeants politiques qui attisent la haine, y compris ceux de La France insoumise ».

Le Monde avec AFP



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