
A l’occasion de La Nuit de l’Europe, dont Le Monde est partenaire, quatre étudiantes de Sciences Po Strasbourg, non ressortissantes de l’Union européenne (UE), nous livrent ce qu’elles pensent de l’Union. Le projet européen fait-il encore rêver ? Est-il en mesure d’affronter les défis singuliers de l’époque ? Témoignages.
- Henrietta Jinivizian, Anglaise, 21 ans : « Les peuples européens ne se rendent pas compte de ce qu’ils sont en train de détruire »
Pour son année d’échange, Henrietta, originaire du comté de Wiltshire, à l’ouest de Londres, n’a pas choisi Strasbourg par hasard, elle qui rêve de travailler pour les institutions européennes. C’est sa manière de combattre l’« orientation isolationniste » qu’elle pourfend, depuis que son pays a voté pour le Brexit, en 2016. Un choc pour sa famille, construite sur le multiculturalisme – son père est d’origine arménienne –, et un « tournant » dans sa propre formation politique : « Pour moi, l’Europe correspond d’abord à un sentiment d’appartenance à une communauté plus large. C’est l’assurance d’une certaine ouverture d’esprit : le monde ne tourne pas autour de notre petite île ! »
A l’heure où les relations avec le grand frère américain se tendent, l’Union européenne représente aussi un « cadre coordonné de défense », veut croire celle qui s’inquiète tout particulièrement de la multiplication des cyberattaques visant l’espace numérique européen. « Si un pays tombe, un autre est là pour le relever, c’est le principe de la solidarité européenne, qui s’est initialement construite sur un idéal de paix, souligne-t-elle. Et nous, qui nous tendra la main demain ? On a perdu une garantie européenne de sécurité, précieuse dans un monde géopolitiquement instable. »
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