l’objectif climatique 2040 définitivement adopté par les eurodéputés

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Au Parlement européen, à Strasbourg, le 9 février 2026.

Les eurodéputés ont définitivement adopté, mardi 10 février, l’objectif climatique de l’Union européenne en 2040 : une baisse de 90 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, assortie d’une certaine flexibilité. En plénière à Strasbourg, le Parlement européen a soutenu par 413 voix contre 226 cette ambition climatique, accompagnée de mesures d’assouplissement, dont la possibilité d’acquérir des crédits carbone en dehors du continent.

La marche est haute puisque l’Union européenne avait réduit ses émissions de 37 % en 2023 par rapport à 1990, une baisse obtenue notamment grâce au déclin du charbon et au développement des énergies renouvelables.

Pour rallier des pays réticents comme l’Italie, une certaine flexibilité a été introduite durant les négociations. L’Union européenne pourra ainsi baisser ses émissions domestiques de 85 % et compléter les 5 % restant grâce à l’acquisition de crédits carbone internationaux finançant des projets de décarbonation en dehors de l’Europe. Les organisations environnementales critiquent ce dispositif, perçu comme une délocalisation de l’effort climatique.

Le compromis européen prévoit aussi une clause de révision de cette loi climat et l’ajout éventuel de crédits carbone internationaux supplémentaires, pour atteindre jusqu’à 5 % de l’effort demandé aux Etats après 2030.

Quatrième émetteur de gaz à effet de serre

Sous la pression de la Pologne ou de la Hongrie, les Européens ont, en outre, reporté d’un an, de 2027 à 2028, l’extension du marché du carbone au transport routier et au chauffage des bâtiments. Et le sujet n’est pas clos, car plusieurs Etats réclament encore un report au-delà de 2028.

Malgré cette série de concessions, l’Union européenne souligne son leadership en matière environnementale, avec son objectif d’atteindre la neutralité climatique en 2050.

Très loin derrière la Chine, l’Union européenne est le quatrième émetteur de gaz à effet de serre dans le monde, après les Etats-Unis et l’Inde. Et l’Europe reproche à ses partenaires internationaux de ne pas faire les efforts nécessaires.

L’Union européenne n’est « responsable que de 6 % des émissions mondiales », a récemment souligné le commissaire européen au climat, Wopke Hoekstra. « L’Europe est l’un des leaders en matière d’action climatique et finance de loin la majeure partie des actions climatiques à l’étranger », mais « la solidarité et la réciprocité ne vont malheureusement pas toujours de pair », a-t-il déploré. « Cela doit changer. »

Le Monde avec AFP



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