Le Parlement européen adopte un plan de soutien au secteur viticole

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Dans une production de vin sans alcool, à Rüdesheim am Rhein (Allemagne), le 22 octobre 2024.

Les eurodéputés ont adopté, mardi 10 février, à une large majorité, un plan de soutien à la filière viticole en crise, prévoyant plus de flexibilité pour l’arrachage des vignes et un développement du vin sans alcool. Le plan avait déjà fait l’objet d’un accord entre les eurodéputés et les Etats membres de l’UE début décembre. « Cette législation constitue une réponse rapide et efficace à la crise à laquelle le secteur vitivinicole est confronté », a estimé l’eurodéputée espagnole Esther Herranz Garcia (PPE), rapporteuse du texte.

« Les Etats membres disposeront d’un ensemble de mesures pour faire face aux difficultés auxquelles le secteur est confronté dans différentes régions et différents pays », a-t-elle ajouté. L’accord doit toutefois encore être approuvé par le Conseil avant d’entrer en vigueur.

La Commission européenne avait annoncé, fin mars 2025, ce plan pour venir au chevet d’une filière en pleine tourmente, bousculée par le dérèglement climatique, la réduction de la consommation d’alcool en Europe et l’imposition de droits de douane aux Etats-Unis. Afin d’éviter une offre excédentaire et de maintenir la stabilité du marché, l’UE va laisser plus de souplesse aux Etats dans les opérations d’arrachage de vignes.

Un secteur viticole en pleine mutation

« Le paquet vin contribuera, notamment par le financement de l’arrachage [par le biais des] plans stratégiques nationaux de la PAC, à atténuer l’impact des bouleversements commerciaux, du changement climatique et de la baisse de la consommation sur la filière viticole », a estimé l’eurodéputée française Céline Imart (LR, PPE).

Pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation, Bruxelles insiste également sur le développement du vin sans alcool, grâce à un étiquetage harmonisé. Les vins titrant moins de 0,05 % d’alcool porteront la mention « sans alcool 0,0 % ». Les vins titrant entre 0,5 % et 30 % de moins que la norme porteront la mention « à teneur réduite en alcool ». L’UE encourage aussi « l’innovation », dont des produits aromatisés à base de rosé, et compte davantage soutenir l’œnotourisme.

Avec 60 % de la production mondiale, l’Union européenne est le premier producteur, consommateur et exportateur de vin sur la planète. Dans un récent rapport, l’UE table sur une baisse de 0,9 % de la consommation européenne de vin chaque année, en raison du changement de mode de vie. La consommation passerait à 19,3 litres par personne en 2035, contre une moyenne annuelle de 21,2 litres entre 2021 et 2025.

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Le Monde avec AFP



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