Les locaux de X en France perquisitionnés, la justice veut entendre Elon Musk en audition libre

2606


Elon Musk, propriétaire de X, est convoqué à Paris pour une audition libre le 20 avril 2026.

Les locaux français du réseau social X, propriété d’Elon Musk, ont été perquisitionnés mardi 3 février, a annoncé le parquet de Paris. « Une perquisition a été diligentée (…) par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, avec l’unité nationale cyber de la gendarmerie et Europol, dans le cadre de l’enquête ouverte en janvier 2025 », a annoncé le parquet, qui précise également qu’il ne publiera plus sur le réseau social.

En parallèle, le parquet a annoncé avoir envoyé des convocations à Elon Musk, propriétaire du réseau social, ainsi qu’à Linda Yaccarino, ancienne PDG du groupe, « en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits », poursuit le communiqué. Les magistrats souhaitent les entendre en audition libre le 20 avril 2026 à Paris. Des salariés de l’entreprise sont également convoqués « pour être entendus en qualité de témoin » entre le 20 et le 24 avril.

Le parquet avait ouvert une enquête après le signalement effectué, le 12 janvier 2025, par le député (Côtes-d’Armor, Renaissance) Eric Bothorel. Dans un courrier dévoilé en février 2025, le parlementaire exprimait « [s]es vives inquiétudes concernant les récents changements d’algorithmes sur la plateforme, ainsi que les ingérences apparentes dans sa gestion depuis son acquisition par Elon Musk ».

Un second signalement similaire avait également été effectué par un directeur de la cybersécurité travaillant dans la fonction publique, qui dénonçait des changements de l’algorithme de X ayant entraîné une surreprésentation de « contenus politiques nauséabonds ».

Une enquête élargie

L’enquête, ouverte aussi bien pour administration d’une plateforme en ligne illicite en bande organisée, extraction frauduleuse de données et falsification du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données, a été élargie à la suite de signalements reliés au fonctionnement de l’outil d’intelligence artificielle Grok en début d’année.

Au mois de janvier, de nombreux internautes ont en effet déploré la diffusion sur le réseau social, par le compte Grok – que tout utilisateur peut solliciter –, de fausses photos dénudées générées par l’outil sans le consentement des personnes ciblées, principalement des femmes. Un rapport de l’ONG AI Forensics publié début janvier avait ainsi analysé 20 000 images générées par Grok entre le 25 décembre 2025 et le 1er janvier, et établi que plus de la moitié étaient des personnes peu vêtues. Certaines de ces images représentaient par ailleurs des personnes ayant l’apparence de mineures, des contenus pouvant s’apparenter de fait à des images à caractère pédopornographique.

En conséquence, l’enquête de la section spécialisée J3 du parquet de Paris porte également sur des faits de « complicité de détention d’images de mineurs représentant un caractère pédopornographique », de « complicité de diffusion, offre ou mise à disposition en bande organisée » de ces contenus ainsi que « d’atteinte à la représentation de la personne ».

L’enquête s’intéresse également à des faits de « contestation de crime contre l’humanité », après la diffusion de propos négationnistes par le compte Grok sur la plateforme. Sollicité, X n’a pas répondu aux sollicitations du Monde à l’heure de la publication.

Le Monde



Source link