
La chargée d’affaires américaine au Venezuela, Laura Dogu, a rencontré lundi 2 février pour la première fois la présidente par intérim Delcy Rodriguez, écrivant sur X avoir évoqué une « transition », un mois après la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine.
« J’ai rencontré Delcy Rodríguez et Jorge Rodríguez (président de l’Assemblée nationale) pour réitérer les trois phases que (le chef de la diplomatie américaine Marco) Rubio a proposées pour le Venezuela : stabilisation, reprise économique et réconciliation, et transition », a écrit Mme Dogu, arrivée samedi à Caracas.
En parallèle, Mme Rodríguez a nommé l’ancien ministre des affaires étrangères Félix Plasencia comme chef de mission diplomatique aux Etats-Unis. Une nomination qui marque un tournant dans les relations entre Washington et Caracas, rompues en 2019 après le refus par Washington de reconnaître la première réélection à la présidence de Nicolas Maduro et le choix de reconnaître un gouvernement parallèle dirigé par l’opposant Juan Guaido.
« L’installation, tant au Venezuela de la représentation diplomatique du gouvernement des Etats-Unis, qui sera dirigée par Mme Laura Dogu, que de notre représentation diplomatique à Washington, se fera dans les prochains jours », a affirmé en soirée le ministre vénézuélien des affaires étrangères, Ivan Gil, soulignant « la nécessité de construire un agenda productif » et appelant de ses vœux la levée des sanctions économiques américaines.
« Nous pourrons peut-être la faire participer »
En outre, Maria Corina Machado, principale figure de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la Paix 2025, s’est dit prête à rencontrer la présidente par intérim Delcy Rodríguez « si nécessaire » pour établir le « calendrier d’une transition », a annoncé lundi son service de presse. Mais le gouvernement provisoire de Delcy Rodríguez « reste la mafia », a insisté l’opposante, lors d’une réunion en ligne avec des médias colombiens.
Son dans l’ère post-Maduro reste inconnu. Donald Trump avait d’abord assuré qu’elle n’était pas qualifiée pour gérer son pays, mais il a modéré son discours lorsque celle-ci lui a symboliquement remis sa médaille du prix Nobel de la paix mi-janvier. « Nous sommes en train de discuter avec elle, et nous pourrons peut-être la faire participer d’une manière ou d’une autre. J’aimerais beaucoup pouvoir faire cela », avait déclaré le président américain après leur rencontre.
Donald Trump doit recevoir mardi le président colombien de gauche Gustavo Petro, avec lequel Mme Machado refuse de discuter, exigeant qu’il prenne position contre le chavisme. Mais l’opposante, empêchée de se présenter au scrutin présidentiel de 2024 et qui vit aux Etats-Unis depuis décembre, n’exclut pas de se rendre à Bogota avant son retour au pays, dont la date reste inconnue.
L’aile radicale toujours en place
Delcy Rodriguez, de son côté, a donné des gages de bonne volonté à Donald Trump, avec une réforme de la loi pétrolière et l’annonce d’une amnistie générale. Mais elle a nommé lundi, en tant que ministre du tourisme, Daniella Cabello, fille du puissant ministre de l’intérieur Diosdado Cabello, dont la tête est mise à prix à 25 millions de dollars par les Etats-Unis.
La nouvelle ministre du tourisme a été sanctionnée par le Trésor américain en 2024, accusée d’avoir soutenu les ordres de M. Maduro visant à « réprimer la société civile ». La même année, elle avait été nommée par M. Maduro directrice de l’Agence de promotion des exportations du Venezuela et d’un organisme pour la promotion touristique.
Diosdado Cabello incarne l’aile radicale du chavisme, une doctrine d’inspiration socialiste fondée par le feu président Hugo Chavez. Il est considéré comme l’un des dirigeants les plus puissants du pays, et la promotion de sa fille indique que cela n’a pas changé.



















