
Quand Mme Bu est rentrée chez elle en novembre 2024, après treize ans de disparition, son vieux père lui a immédiatement remis les lunettes de vue qu’elle portait lorsqu’elle était étudiante. La presse chinoise était là pour immortaliser cet émouvant moment. Mais le 22 janvier 2026, la famille a fait part de son indignation en révélant l’abandon des poursuites à l’encontre d’un fermier identifié comme Zhang Mou Jun (« mou » est un sinogramme correspondant à X, utilisé pour anonymiser des suspects) qui avait séquestré et violé Mme Bu treize ans durant, lui imposant la naissance de deux enfants dont l’un a été vendu.
Les juges ont reconnu que la maladie psychiatrique de la femme la rendait incapable de se défendre contre une agression sexuelle, mais ont déclaré que l’homme n’avait commis aucun crime. « La famille ou le mariage ne devrait jamais servir de bouclier face à la violence sexuelle », s’est insurgé, sous couvert d’anonymat, un avocat chinois cité par le quotidien hongkongais South China Morning Post, le 1er février.
Brillante diplômée d’un master en ingénierie, Mme Bu, aussi présentée par son surnom « Xiaohua », a sombré dans la schizophrénie en 2008 après avoir manqué l’inscription à son doctorat, faute d’une pièce d’identité à jour. Le 26 mai 2011, à 32 ans, elle a disparu du domicile familial pour réapparaître treize ans plus tard, en novembre 2024, grâce à une mobilisation citoyenne, dans un hameau de montagne reculé du Shanxi, 140 kilomètres plus loin. A 45 ans, celle qui aurait dû être chercheuse n’est plus qu’une ombre : mère de deux enfants nés d’une union forcée, elle a été découverte par la police en état de malnutrition.
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