Un coléoptère imite l’odeur d’une fleur pour piéger des abeilles

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Un méloé printanier (« Meloe proscarabaeus »), à Brandebourg (Allemagne), le 13 avril 2024.

Dans l’art de l’imitation, le vivant présente des talents sans limites. Depuis qu’en 1862 le naturaliste britannique Henry Walter Bates a découvert qu’une espèce de papillon comestible en imitait une autre, toxique celle-là, et trompait ainsi ses prédateurs, le mimétisme n’a cessé d’étendre son empire. Des animaux imitent l’aspect, les cris ou encore l’odeur d’autres espèces pour se protéger ou, au contraire, mieux surprendre leurs proies. Des végétaux copient la livrée d’autres plantes pour se dissimuler ou pour attirer des pollinisateurs et se reproduire. Mention spéciale à Boquila trifoliolata, la « liane-caméléon », qui modifie la forme, la taille, le périmètre, la couleur, l’orientation, les nervures de ses feuilles et la longueur de ses pétioles en fonction du support végétal sur lequel elle grimpe.

Animaux et végétaux n’hésitent pas non plus à se copier les uns les autres. De nombreuses espèces d’insectes, mais aussi des reptiles (gecko à queue plate), des araignées (thomise variable) et même des oiseaux (podarge gris) prennent l’apparence de plantes pour se fondre dans le décor. Dans l’autre sens, la passiflore a développé de petites excroissances qui imitent les œufs de papillon, dissuadant l’animal de venir y pondre. Une fois encore, un végétal se distingue : les orchidées du genre Ophrys reproduisent l’aspect, la texture et même les phéromones sexuelles femelles de l’espèce d’insectes qu’elles souhaitent attirer. De fleur en fleur, les mâles volants enchaînent ainsi des « pseudo-copulations », pour eux infructueuses mais fertiles pour la plante.

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