près de 90 morts dans des attaques séparatistes au Baloutchistan

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Des ambulances à l’extérieur d’un hôpital de Quetta, au Pakistan, le 31 janvier 2026.

Onze civils et dix membres des forces de sécurité ont trouvé la mort samedi dans des attaques menées par des séparatistes dans la province pakistanaise du Baloutchistan, où 67 rebelles ont été tués dans des affrontements avec les forces pakistanaises.

« Les terroristes (…) ont lancé des attaques coordonnées ce matin dans plus de 12 endroits », a déclaré un haut responsable sécuritaire à l’Agence France-Presse (AFP), en faisant référence aux séparatistes dans cette province pauvre, régulièrement en proie à des troubles. Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a apporté son soutien aux forces armées pakistanaises « dans leur lutte déterminée pour défendre le pays ».

L’Armée de libération du Baloutchistan, principal mouvement séparatiste dans cette province, a revendiqué les attaques dans un communiqué transmis à l’AFP.

Un premier bilan donné par un responsable sécuritaire à Quetta, dans le sud-ouest du pays, près de la frontière avec l’Afghanistan, faisait état de quatre policiers tués. Il précisait que les séparatistes avaient mené des attaques-suicides et armées, notamment dans le chef-lieu provincial de Quetta ainsi que dans d’autres localités.

Installations militaires et policières

A Quetta, un journaliste de l’AFP a entendu plusieurs explosions. Un important dispositif de sécurité a été déployé dans la ville. Les rues étaient désertes et les commerces ont fermé.

« Depuis ce matin, il y a une explosion après l’autre », a confié à l’AFP Abdul Wali, un habitant âgé de 38 ans. « La police pointe ses armes et nous dit de rentrer chez nous », ajoute cet homme qui devait traverser la ville pour aller voir sa mère hospitalisée. Les liaisons ferroviaires ont été suspendues dans les zones visées et les services de téléphonie mobile ainsi que le trafic routier sont perturbés.

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L’Armée de libération du Baloutchistan a affirmé avoir visé des installations militaires et policières, mais aussi avoir bloqué des autoroutes pour ralentir la réponse de l’armée à ses attaques.

Un haut responsable militaire à Islamabad a confirmé les attaques « coordonnées », mais a affirmé qu’elles avaient « échoué (…) grâce à une réponse efficace des forces de sécurité ». Il n’a pas fait de commentaires sur le bilan humain.

Minerais et hydrocarbures

Les attaques commises samedi surviennent un jour après que l’armée pakistanaise a affirmé avoir tué 41 rebelles séparatistes au Baloutchistan.

Les séparatistes attaquent régulièrement les représentants de l’Etat et les Pakistanais venus d’autres provinces. Le Baloutchistan a notamment été le théâtre d’une spectaculaire prise d’otages par des séparatistes dans un train, en mars, qui s’était soldée par des dizaines de morts.

Depuis des décennies, les Baloutches se disent lésés dans leur province : officiellement, 70 % des habitants y sont pauvres alors que le sous-sol regorge de minerais et d’hydrocarbures, exploités notamment par des entreprises chinoises.

L’année 2024 avait été particulièrement meurtrière avec plus de 1 600 morts, pour près de la moitié des soldats et des policiers, selon le Centre pour la recherche et les études sur la sécurité d’Islamabad.

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Le Monde avec AFP



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