
Le naufrage de Cutro hante toujours l’Italie. Dans la nuit du 26 au 27 février 2023, le Summer Love, embarcation chargée de migrants partie quatre jours plus tôt de Turquie, se brise à quelques mètres des côtes de Calabre. Et 94 personnes perdent la vie, parmi lesquelles 35 mineurs. Le nombre de disparus reste à ce jour inconnu. Le procès qui s’est ouvert vendredi 30 janvier au tribunal de Crotone vient raviver le souvenir de ce drame. Six personnes sont jugées, quatre membres de la police douanière (Guardia di Finanza) et deux garde-côtes. Ils sont le visage de la défaillance des autorités italiennes, accusées de n’avoir pas activé les secours alors que les signalements du bateau en détresse avaient déjà été effectués, notamment par l’agence Frontex. Dès la veille du naufrage, Rome avait connaissance d’éléments qui auraient dû conduire au déclenchement des secours.
Les questions sont nombreuses pour les accusés, inculpés d’homicide involontaire et de naufrage « par négligence », et les attentes sont grandes de la part des familles et des ONG. Le procès s’est ouvert sans la présence des caméras dans la salle du tribunal, comme un écho à l’invisibilisation du sort des migrants en Méditerranée depuis l’arrivée du gouvernement Meloni. « C’est David contre Goliath, on voit les représentants de l’Etat et des forces de l’ordre, qui font face aux familles des victimes et aux ONG », raconte Francesco Saccomanno, membre du Réseau 26 février et présent vendredi dans la salle d’audience.
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