
Trois ans de prison ferme et 5 millions de francs CFA (7 600 euros) d’amende. C’est la lourde peine prononcée, vendredi 30 janvier, par le tribunal de première instance d’Abidjan à l’encontre du député malien Mahamadou Hawa Gassama. Membre du Conseil national de transition, l’organe législatif du régime militaire malien, le prévenu est apparu les traits tirés, en boubou brun clair et kufi (bonnet) noir, au premier rang du banc des accusés.
Il comparaissait pour « offense au chef de l’Etat ivoirien », « injure par système d’information » et « fausse déclaration », après des messages visant le président Alassane Ouattara, postés sur les réseaux sociaux en 2022, au pic des tensions diplomatiques entre les deux Etats voisins. Si le pouvoir de Bamako n’a pas commenté ce dossier, la sévérité du verdict devrait aggraver les relations déjà exécrables qu’entretient la Côte d’Ivoire avec le Mali et ses alliés de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
L’avocat du condamné, Mamadou Ismaïla Konaté, ministre de la justice malien de 2016 à 2017, a dénoncé, à la sortie de la salle d’audience, une sanction « excessive » et « très sévère », tout en reconnaissant que « l’infraction était également grave ». « Nous restons convaincus que l’environnement et le contexte du dossier ne devraient pas lui faire supporter une décision de cette nature », a-t-il déclaré. L’avocat malien, assisté d’un confrère ivoirien, n’a pas encore annoncé si leur client fera appel.
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