Le narcotrafiquant franco-algérien Abdelkader Bouguettaia condamné à vingt ans de prison

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Abdelkader Bouguettaia, rejugé à Lille après son extradition de Dubaï, a été condamné, vendredi 30 janvier, à vingt ans de prison, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, pour avoir piloté un vaste réseau d’importation de cocaïne via le port du Havre. Ce Franco-Algérien de 38 ans a également été condamné à une amende de 1 million d’euros.

Il contestait les condamnations prononcées à son encontre à Lille en son absence en 2022, 2023 et 2024, qui lui avaient valu des peines allant de neuf à quinze ans de prison. Il a donc été rejugé en sa présence en décembre devant la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lille.

Les trois dossiers rejugés concernaient plusieurs saisies de cocaïne dans le port du Havre, pour un total de plus de deux tonnes de drogue.

Lors du procès, des peines de neuf et quinze ans de prison avaient été requises dans deux des dossiers, finalement joints par le tribunal. En revanche, aucune condamnation n’avait été demandée dans le troisième, en raison d’un « doute » sur les éléments de l’enquête visant à établir la culpabilité d’Abdelkader Bouguettaia. Il a été relaxé dans ce dossier.

« Un chapeau XXL »

Selon le parquet de Lille, certaines importations étaient effectuées par « des cargaisons légales de gélatines de bœuf et de lames de bois en provenance d’Amérique du Sud, notamment du Brésil », ou encore « dans un conteneur de miettes de thon sous vide en provenance d’Equateur ». Abdelkader Bouguettaia était « le chef » d’une organisation criminelle dont « une trentaine d’opérateurs à des degrés divers ont été condamnés » dans ces différents dossiers, selon le parquet.

L’un des deux procureurs a aussi rappelé le passé judiciaire d’Abdelkader Bouguettaia, déjà condamné à de nombreuses reprises pour trafic de stupéfiants avant son départ de France. « C’est un réfractaire, un incorrigible (…) et les incorrigibles, il faut les neutraliser », avait-il estimé.

Des témoignages et des éléments d’enquête présentant comme donneur d’ordres un certain « Bibi », surnom qu’Abdelkader Bouguettaia a reconnu être le sien depuis l’enfance, ont été longuement détaillés durant son procès. A la barre, M. Bouguettaia a assuré ne pas connaître les personnes l’ayant désigné comme la tête du réseau. Il a aussi suggéré que certains voulaient lui faire porter « un chapeau XXL », et ses avocates ont plaidé la relaxe.

Le Monde avec AFP



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