
Pissenlits, pâquerettes, séneçons… Il n’est désormais plus rare, dès le mois de janvier, de voir surgir de terre de frêles inflorescences encore froissées, parsemant le sol de menues taches jaunes ou blanches. Soit autant de spots de couleur éclairant la grisaille ambiante. Et autant de bravades, face aux rigueurs de l’hiver… il est vrai globalement de moins en moins sévères.
Dans les tout premiers jours de l’année 2025, ce sont 310 espèces de plantes indigènes qui ont ainsi fleuri en Grande-Bretagne et en Irlande ; et 336 espèces non indigènes – vergerettes du Mexique, lamiers blancs ou rouges… Un nombre impressionnant, comparé aux dix floraisons d’espèces indigènes attendues dans ces territoires à cette période de l’année. Toutes ont été recensées dans le cadre d’un projet de sciences participatives, « la chasse aux plantes du Nouvel An », organisé depuis dix ans par la Société botanique des îles britanniques (BSBI).
Mais où sont les saisons d’antan ? « A Noël je ne désire pas plus de rose/ que je ne souhaite la neige au retour des fêtes de mai./ J’aime chaque chose à sa saison », clamait le seigneur Biron dans Peines d’amour perdues. De fait, lorsque William Shakespeare a écrit ces vers, en 1595-1596, ses contemporains ne pouvaient pas voir pléthore de plantes fleurir en plein hiver.
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